CONGO-BRAZZAVILLE : Ban Ki-Moon demande à Sassou Nguesso de négocier

Le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, a exprimé, mercredi, 21 octobre, son extrême préoccupation face aux violences entre l'opposition et le gouvernement congolais, à l'approche d'un référendum constitutionnel contesté. Son représentant en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, arrive vendredi, 23 octobre, à Brazzaville pour mettre tout le monde autour de la table.

Ban Ki-moon dit ceci : "Les informations sur les récentes violences sont particulièrement inquiétantes. J'encourage toutes les parties à emprunter la voie d'un dialogue politique inclusif avant le référendum et à résoudre tout différend de façon pacifique". Le secrétaire général des Nations-Unies faisait référence aux affrontements des derniers jours, à Brazzaville, à Pointe-Noire et dans presque toutes les villes du Niari, de la Bouenza, de la Lékoumou, du Kouilou, et du Pool (dont Brazzaville), qui ont fait « zéro mort » selon Thierry Moungala, ministre de la Communication et porte parole du gouvernement, « quatre morts » selon Raymond-Zéphyrin Mboulou, ministre de l'Intérieur, et « une trentaine de morts », selon la coalition de l'opposition IDC-FROCAD.

Pendant que les Congolais s'entre-tuent, Sassou s'est réfugié à Oyo avec femme et certains proches parents d'où il suit ces événements qu'il a, sciemment, suscités. Ban Ki-moon qui reconnaît le droit de manifester à l'opposition, lui demande de négocier avant le référendum. Notons que le préfet de Brazzaville a pris un arrêté, ce jeudi soir, qui interdit toute manifestation et tout meeting jusqu'à nouvel ordre. Voilà comment s'exerce la démocratie au Congo-Brazzaville.

L'opposition condamne, sans retenue, la tenue de ce référendum du dimanche, 25 octobre, qui devrait permettre à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat, en juillet 2016, après 32 ans passés au pouvoir. L'opposition, dans son ensemble, a annoncé qu'il « n'y aura pas de vote référendaire », le 25 octobre, au Congo-Brazzaville.

Malgré la répression qui s'abat sur ses partisans, elle a réussi à paralyser l'activité économique depuis mardi, 20 octobre, où presque rien ne fonctionne dans le pays. Les bureaux sont vides alors que la présidence de la République a garanti la sécurité à toute personne qui irait travailler et a encouragé les Congolais à vaquer à leurs occupations. Un appel qui n'a pas été entendu, y compris dans les quartiers Nord de Brazzaville où il y a eu des tirs et des casses cette nuit de mercredi à jeudi, 22 octobre (une station Total a été incendiée en partie).

Malgré le soutien du président français que condamnent les Congolais avec la plus grande énergie, le président congolais a le dos au mur. Il a beau avoir comme avocats défenseurs auprès de François Hollande les présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, et de Guinée, Alpha Condé, il ne se relèvera pas de cette épreuve. Qui cherche trouve, dit l'adage. Il a cherché et il a trouvé. Il a d'ores et déjà envoyé une partie de sa famille au Gabon (le Congo n'étant plus un pays sûr pour elle) tandis que d'autres de ses parents ont regagné la France, les Etats-Unis, le Canada, les Emirats Arabes Unis et même l'Afrique du Sud.

Lui-même suit les événements depuis Oyo, son village natal, à quelques encablures de l'aéroport international d'Ollombo, un aéroport sans trafic qu'il a construit pour ses besoins domestiques.

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