CONGO-BRAZZAVILLE : Comment Sassou-Nguesso piétine (allègrement) la constitution qu'il a imposée au peuple

Tous les opposants ne sont pas timorés devant le dictateur 5 étoiles même s'il les met en prison au gré de ses humeurs et de sa stratégie de maintien au pouvoir. Le 20 juillet, Clément Mierassa (notre photo), comme simple citoyen, a saisi la Cour constitutionnelle par une requête datée du 25 juin 2020, aux fins de recours en inconstitutionnalité de l'élection ayant reconduit lors du 5e Congrès ordinaire du Parti congolais du travail (PCT, parti au pouvoir), Denis Sassou-Nguesso, comme président du Comité central du PCT. En fait, Sassou est le vrai président dudit parti d'après les dispositions de l'article 37 des statuts de ce parti.

Les moyens soulevés dans ladite requête permettent de constater que Denis Sassou-Nguesso, en qualité de président de la République, est en même temps et ce, depuis plusieurs années :

président du PCT ;
président du Comité central du PCT ;
membre du Bureau politique et du Comité central du PCT.

Cette situation du reste anticonstitutionnelle posait, déjà, de réels problèmes au regard de l'article 72 de la constitution du 20 janvier 2002 (constitution qu'il a dissoute pour se représenter à l'élection présidentielle de mars 2016 après avoir fait voter une autre constitution par un passage en force en 2015). Cependant, l'article 80 de cette constitution de 2015 énonce clairement que : « Le mandat du président de la République est incompatible avec toute autre responsabilité au sein d'un parti politique ».

Cet état de fait illustre, clairement, que le PCT fonctionne en marge du respect des lois et règlements de la République, notamment, la loi n° 20-2017 du 12 mai 2017 relative aux partis politiques, qui dispose en son article 26 que : « Les partis politiques ont le devoir de se conformer à la constitution... ».

Mais, le Congo-Brazzaville du dictateur 5 étoiles Sassou-Nguesso étant un pays qui marche sur la tête (et non sur ses deux pieds), Clément Mierassa a reçu le 5 août 2020 la notification de la « Décision n° 005/DCC/SVA/20 du 31 juillet 2020 par laquelle, après avoir reçu et examiné sa requête, la Cour constitutionnelle déclare que :

1) elle n'est pas compétente pour statuer sur l'inconstitutionnalité des actes ou activités des partis politiques. Mais, en même temps, elle a refusé de dire quelle institution est compétente pour se saisir de cette affaire ;

2) elle s'est juste bornée à indiquer que sa (non)-décision sera notifiée au requérant, au président de la République, au président du Sénat, au président de l'Assemblée nationale, au premier ministre chef du gouvernement, au ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, au ministre de la Justice et des Droits humains et de la Promotion des peuples autochtones, et publiée au journal officiel.

En réalité, la Cour constitutionnelle est victime de sa flagrante dépendance envers Sassou-Nguesso alors qu'elle devrait être, totalement, indépendante, neutre, objective et légiférer en denier recours.

Autre grosse confusion des genres : les membres dudit Conseil constitutionnel à commencer par son président, Auguste Iloki, sont, tous, sans exception, d'illustres membres du PCT où ils occupent de divers postes au sein du Bureau politique et du Comité central. Comme on dit à Brazzaville, ils sont tous de gros mangeurs (avec de gros ventres) qui s'engraissent sur le dos du peuple. Pauvre Congo-Brazzaville qu'un dictateur 5 étoiles titulaire d'un simple CEPE (Certificat d'études primaires élémentaires) a mis sous son boisseau depuis 36 ans, sans qu'il ne se trouve pas un seul brave citoyen d'Oyo ou d'ailleurs pour lui dire STOP. Yen a marre !

Cela dit, l'embarrassante question posée par l'impertinent Mierassa demeure : la Cour constitutionnelle s'étant déclarée incompétente pour juger de ce cas qui relève de la constitution (ce qui est à mettre dans le livre des incongruités et des bizarreries de la bibliothèque de la Cour constitutionnelle), à qui devrait-il alors s'adresser ? Aux notables Mbochi ou Batéké ou bien à l'épiscopat catholique du Congo ?

Sassou-Nguesso a réussi à faire du Congo-Brazzaville sa chose, sa propriété personnelle. Mais est-ce de sa (seule) faute ? Ne dit-on pas que chaque pays a les dirigeants qu'il mérite ?

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