CONGO-BRAZZAVILLE : Fermeture du CHU et de l'Université de Brazzaville faute d'argent

Une petite délégation de Congolais s'est rendue, ses dernières heures, au Crillon, pour demander au personnel de la réception de cet hôtel de ne pas accueillir leur président, Denis Sassou Nguesso, qui y aurait fait une réservation. « C'est un criminel qui n'a pas sa place ici », ont-ils lancé, très calmement, au personnel de ce palace avant de lui tourner le dos. Une vidéo de cette conversation circulerait déjà sur les réseaux sociaux.

Le dictateur devrait retrouver son épouse, Antoinette, arrivée, à Paris, depuis quelques jours. Venue suivre quelques soins de santé à l'hôpital américain, elle est, d'ores et déjà, mise sous pression par la diaspora congolaise, qui défile, sous les fenêtres de son appartement de l'avenue Rapp, dans le 7e arrondissement. Ses compatriotes lui rappellent qu'elle n'a pas le droit de venir se soigner, en France, alors que son époux a fermé le CHU de Brazzaville, faute d'argent. En effet, le plus grand hôpital du pays peine à payer les salaires de ses employés depuis plusieurs mois (on parle d'une dizaine de mois).

La situation vécue au CHU est la même à l'Université de Brazzaville qui a, aussi, fermé ses portes, les enseignants totalisant, au bas mot, quatre mois d'arriérés de salaires. Ce genre de retard est courant dans d'autres institutions du pays (mairies de Brazzaville et de Pointe Noire, sociétés d'Etat, administrations publiques autonomes, etc.).

Si le premier ministre, Clément Mouamba, réussit à payer les salaires des fonctionnaires, cette fin d'octobre, il aura réalisé une grande prouesse.

La situation ne peut plus durer. Sassou qui va assister au Sommet de la CEMAC, à N'Djamena, le 31 octobre, a besoin de conclure, rapidement, un programme avec le FMI. Selon la mission du FMI qui a récemment séjourné à Brazzaville jusqu'au 4 octobre, la dette publique (connue) du Congo représente 110% du PIB. Mais le FMI ignore, encore, le montant de la dette obtenue auprès des créanciers privés dont certains d'entre eux ont été traînés devant les tribunaux par le gouvernement, tout comme on ne sait pas exactement à combien s'élève la dette intérieure qui a plombé les entreprises. A Pointe Noire, la fermeture de plusieurs entreprises a provoqué une situation de grande précarité dans la ville.

La dette chinoise reste aussi un mystère, l'empire du Milieu opérant, tantôt, de façon officielle comme une grande économie qui se respecte, mais aussi, de façon quasi-mafieuse et clandestine, comme l'accuse l'opposition congolaise.

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