CONGO-BRAZZAVILLE : Formation du gouvernement alors que le dictateur a l'esprit au Pôle financier du Parquet de Nanterre

Le dictateur a décidé de faire passer de 38 à 35 membres, le nombre de ministres d'un gouvernement dont la direction est confiée, à nouveau, à Clément Mouamba. Afriqueeducation.com l'avait annoncé alors même qu'il venait de présenter sa démission, en disant qu'il allait être reconduit. Le président congolais ne rate aucune publication de votre groupe de presse préféré. Il adore tellement lire ses écrits qu'il a, déjà, cherché à plusieurs reprises à le tuer. Sans succès malheureusement pour lui et heureusement pour nous. Dieu veille sur Afrique Education !

Si les ministères clés des Finances, de la Défense, de l’Intérieur, du Plan, des Grands travaux, ne changent pas de titulaire, au nom de la continuité gouvernementale, le dictateur concentre son esprit ailleurs, en région parisienne, où son fils, Denis Christel (notre photo), est en « observation » auprès des juges financiers, depuis, quelques jours, avec un bracelet électronique dans le bras, pour ne pas quitter, ni vu ni connu, le territoire français. C'est une affaire qui le met de très mauvaise humeur. En attendant que ses avocats trouvent une solution.

Economiste de formation, ancien banquier, Clément Mouamba doit, maintenant, faire œuvre de compétence pour limiter les effets du prochain programme avec le FMI, qui risque d'être, particulièrement, anti-social : 117% de la dette par rapport au PIB, ce n'est pas de nature à tranquilliser le dictateur, qui est appelé à former un autre gouvernement, après le dialogue avec son opposition, qu'on lui demande. En effet, le FMI et la France, souhaitent un gouvernement d'union nationale, comme gage de succès de ce futur programme. Le dictateur, lui, n'en veut pas car il redoute certains opposants qui ne sont pas prêts à le ménager dans le cadre d'un dialogue. Déjà affaibli par la crise financière, par la malgouvernance qui a fait évaporer 15.000 milliards de F CFA d'économie en dix ans, par la défaite de son armée dans le Pool, par la justice française qui commence à l'humilier, par le FMI qui va lui imposer des conditionnalités difficilement acceptables, il ne voudrait pas subir une ultime humiliation venant de son opposition qu'il a toujours méprisée et malmenée (en mettant ses ténors en prison). Voilà où se situent actuellement les enjeux.

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