CONGO-BRAZZAVILLE : Jean Marie Michel Mokoko de la Cour criminelle de Brazzaville où il est jugé, envoie un message (d'espoir) aux Congolais

Depuis mardi, 8 mai, le dictateur séjourne à Oyo, son village natal. Officiellement, pour fleurir la tombe de sa regrettée maman. Mais nul n'ignore qu'après avoir remis 25 millions de F CFA (50.000 dollars) à chaque magistrat qui intervient, actuellement, dans le dossier Mokoko, il a préféré s'extraire de Brazzaville, ni vu ni connu. Question de dire le moment venu, « je n'étais pas là ». Selon nos informations, Sassou a ordonné à la Cour de « broyer » (c'est le terme utilisé) Jean Marie Michel Mokoko (sur notre photo en train de dire aux magistrats de la Cour criminelle qu'il gardera le silence lui et ses avocats). Ce dernier, en désespoir de cause, ne peut que prendre la très impuissante communauté internationale à témoin, même s'il est convaincu que rien n'est perdu, contrairement, aux apparences trompeuses du moment.

Voici le texte qu'il a rédigé mardi, 8 mai, et qu'il nous a fait parvenir à votre attention.

« Mesdames et Messieurs,

Comme le savent tous les Congolais et tous ceux qui dans le monde, s'intéressent au Congo, ce n'est pas à la justice que j'ai affaire, mais, à l'arbitraire.

Candidat à l'élection présidentielle de 2016, j'ai été porté par la ferveur de la générosité du peuple congolais qui aspirait à se libérer par les URNES du joug dans lequel il est maintenu depuis plus de 30 ans. Je me suis heurté à la machine totalitaire. Cette machine, via ses émissaires congolais et ses complices étrangers, a essayé, en vain, de me faire plier en exigeant de moi, la reconnaissance des résultats que le monde entier savait avoir été, grossièrement, truqués.

Face à mon refus, la dictature a, ensuite, entrepris de m'intimider, d'arrêter et de torturer mes compagnons, de dépenser des fortunes immenses pour s'acheter les services de consultants et de complices étrangers pour me diaboliser. Et maintenant, elle espère m'enterrer avec un simulacre de procès inique que l'immunité juridictionnelle que me confère ma qualité de dignitaire, interdit la tenue.

Après plus de 40 ans d'une carrière militaire sans tache, au service du peuple congolais et au terme de 2 ans de prison, il ne me reste que mon Honneur que je n'ai pas l'intention de faire offrande à ce régime, visiblement, d'un autre âge.

Comme Jean Jaurès, je suis enclin à dire à mes compatriotes et ceux qui regardent, le Congo d'aujourd'hui avec commisération, que le courage, c'est rechercher la vérité et de la dire. Ce n'est pas subir la loi du mensonge triomphant.

Jeter les adversaires politiques en prison, pour tenter de masquer l'inexorable descente aux abîmes d'un pays que tout prédisposait à un avenir radieux, est un pitoyable combat d'arrière garde.

Quoi qu'il advienne, en ce qui me concerne, je ne céderai sur rien, je ne plierai pas car la cause pour laquelle des milliers de Congolais ont adhéré, est celle de l'honneur et de la dignité qui constituent le substrat de toute cause juste. Il nous faut par conséquent continuer d'espérer car rien n'est perdu contrairement aux apparences » (fin du message).

Signé Jean Marie Michel Mokoko

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