CONGO-BRAZZAVILLE : Le boycott du référendum du 25 octobre est assuré

Même après avoir remué ciel et terre, Denis Sassou Nguesso pourra, difficilement, tenir son référendum, dimanche, 25 octobre. Et pour cause : tout le Congo est vent debout contre lui et sa volonté de mourir au pouvoir.

Pourtant, il fait tout pour réussir. A l'heure où nous mettons ce texte en ligne, il a envoyé des mercenaires tchadiens, burundais, rwandais, centrafricains et rdcongolais, boucler la partie Sud de Brazzaville, et la quasi-totalité des grandes villes du Sud du Congo. Cela dit, dans presque toutes ces localités, l'opposition, quand elle a pu, a, purement et simplement, brûlé les cartes d'électeurs qui n'ont même pas été distribuées aux personnes concernées. D'autre part, pour des raisons de sécurité, plusieurs localités ont enregistré la fuite des préfets, sous-préfets, maires, partis se mettre à l'abri quelque part, pour avoir la vie sauve.

Dans le Sud du Congo, il ne fait aucun doute que le vote n'aura pas lieu ou, alors, très peu. Voilà pourquoi le pouvoir, à Pointe-Noire, a pris les devants en convoyant, dans la journée de vendredi 23 octobre, par camions entiers, des électeurs venus d'ailleurs pour constituer de longues files de vote fictives, qui ont été filmées par la télévision publique (Télé Congo) et qui vont être diffusées, dès dimanche, 25 octobre, soir, aux téléspectateurs pour montrer le vote massif des Congolais. Sassou fait, donc, tout ce qu'il peut pour sauver la face, bien qu'il soit trop tard.

Le désordre mis dans le pays par Sassou est tel que plusieurs ministres, originaires du Sud, ont vu leurs maisons pillées ou incendiées. Il y en a même un chez qui les manifestants ont trouvé la rondelette somme de 450 millions de F CFA (675.000 euros).

Sassou est un roi, actuellement, nu, qui ne sait plus quoi faire sinon user de la force policière et militaire, pour une hypothétique survie politique. Il y a quelques jours, il a pris son meilleur combiné téléphonique pour demander à l'archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou, d'initier une négociation, à sa demande, pour rapprocher les deux camps. Mais cette initiative a fait long feu, les différents leaders n'étant même pas libres de leurs mouvements. Guy Brice Parfait Kolelas et André Okombi Salissa, par exemple, de l'IDC, sont en résidence surveillée et interdits de mettre le nez dans la rue, tandis que le coordonnateur du FROCAD, Paul Marie Mpouele, de son côté, fait l'objet d'une chasse à l'homme par le général Jean-François Ndengué, qui voudrait mettre la main sur lui, avant le 25 octobre. D'autre part, les leaders de la société civile comme Paulin Makaya, président de Unis pour le Congo (UPC) et vice-président des FRD (Forces républicaines et démocratiques) n'ont pas été conviés par l'archevêque. Simple oubli alors que c'est eux qui mobilisent dans Brazzaville ?

Reste la négociation des Nations-Unies que doit conduire le représentant du secrétaire général de l'ONU en Afrique centrale, le professeur, Abdoulaye Bathily, à partir de ce samedi, 24 octobre. Ne commence-t-elle pas un peu tard ?

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