CONGO-BRAZZAVILLE : Le dictateur 5 étoiles annonce vouloir lutter contre la corruption en 2018 – Une grosse blague 

Le dictateur du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-N'Guesso, a, certainement, raté sa vocation. Il aurait dû faire carrière dans le théâtre (de masse). Car avec son débit lent d'ancien instituteur de campagne, il peut lui arriver de faire rire. C'est ce qui est arrivé, en fin de l'année dernière, quand il a juré qu'il allait lutter contre la corruption. Autrement dit, il dit vouloir s'attaquer aux bandits en col blanc qui ont ruiné l'économie congolaise et dont le plus grand nombre est composé de sa myriade de fils, filles, neveux, nièces, oncles et tantes. Tous des multi-milliardaires en CFA dont quelques-uns sont multi-millionnaires en euros. Si le dictateur 5 étoiles voulait amuser le Fonds monétaire international, (FMI), il n'y est pas parvenu car, là bas, on lui demande de jouer carte sur table, de ne plus mentir, de ne cacher aucune dette redevable par le Trésor Public, afin que la situation du Congo-Brazzaville, soit examinée selon les canons de la profession. On rappelle que la dette du Congo (ajoutée à celle qui avait volontairement été cachée au FMI) représente près de 200% du PIB.

Si Sassou-N'Guesso n'était pas né avant la honte, il se serait, déjà, donné la mort car la situation financière que vit son pays, aujourd'hui, est tout, simplement inimaginable, alors qu'en 2013 et 2014, il s'était substitué à la Banque mondiale et au FMI, en prêtant de l'argent à certains pays d'Afrique de l'Ouest comme la Côte d'Ivoire (notre photo montrant la visite de Ouattara au Congo qui lui avait permis d'obtenir un prêt de 100 milliards de F CFA en juin 2013), la Guinée et le Niger. Faire acte de magnanimité de cette façon pour se retrouver, soi-même, quelque temps, plus tard, devant les fourches caudines du FMI, se passe de commentaire. Très mauvais gestionnaire, Sassou a mis son pays en faillite. Sa chance, c'est qu'il sache mettre les Congolais au pas, sans quoi, ce serait le sauve qui peut au sein du clan d'Oyo.

« La crise doit nous aider à rectifier certains comportements (…) ; il s’agit de réprimer, éduquer, redresser lorsque les faits l’exigent, face à la fraude, la corruption, la concussion, le trafic d’influence, le laxisme », a-t-il déclaré, dans son discours de fin année 2017, prononcé, dimanche, 31 décembre, soir.

« Sanctionner sera la pierre angulaire de la gouvernance, sur l’autel de la législation et de la réglementation en vigueur », a-t-il assuré avant de marteler que « la lutte contre la corruption doit être menée dans tous les secteurs de l’Etat et, plus particulièrement, au niveau des régies financières ». Pour le prendre au mot, l'opposition a rétorqué en lui demandant de mettre aux arrêts son fils, Denis Christel Sassou-Nguesso, et son neveu, Jean-Jacques Bouya, accusés de faire partie des grands fossoyeurs de l'économie nationale, pour montrer aux Congolais et à la communauté des bailleur de fonds à qui il tend, désespérément, les bras qu'il est capable de passer du discours aux actes concrets. Mais, le dictateur est-il capable de couper la branche où il est, lui-même, assis ?

« Sauvons nous, nous-mêmes .N’attendons pas que le salut vienne d’ailleurs », a dit le président congolais qui a annoncé dans la foulée la tenue imminente du Conseil supérieur de la magistrature qui d’après lui : « offrira l’opportunité d’examiner les possibilités d’insuffler plus d’efficacité à la justice et de combattre la corruption ».

Et le président Sassou de préciser que « dans notre pays, aucune disposition n’interdit aux procureurs de la République de se saisir des dossiers délictueux, y compris ceux portant sur des crimes économiques ».

Conclusion : encore une fois, le président congolais est dans la manipulation. Il fait ce que personne ne lui demande et déploie son énergie dans des batailles sans importance. La crise ayant mis le Congo à genou, il lui est demandé d'arrêter les pilleurs de l'économie (qu'il connaît très bien), pas de faire des annonces sans lendemain. Car ceux qui ont ruiné le pays, ne demandent pas de grosses enquêtes pour être mis hors d'état de nuire à la fortune publique.

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