CONGO-BRAZZAVILLE : Le dictateur aurait accepté le principe du dialogue Pouvoir/Opposition et Société civile

La sagesse revient-elle (progressivement) au Congo-Brazzaville ? Dans le camp présidentiel, en tout cas, le triomphalisme post-présidentiel n'est plus de mise. Les ministres ne vont pas, encore, jusqu'à raser les murs mais, ils font, fortement, profil bas, en ce moment. Ce n'est pas toujours de leur faute. Beaucoup, c'est vrai, manquent de moyens pour travailler. Alors, ils s'occupent comme ils peuvent. La semaine dernière, la jeune ministre de la Jeunesse et de l'Education civique, Destinée Ermela Doukaga, par exemple, s'est offerte une escapade de quatre jours, à Libreville, pour s'inspirer du modèle gabonais en matière de jeunesse. Elle a rencontré beaucoup de ministres dont le premier d'entre eux, Daniel Ona Ondo. Mais pour en tirer quoi au final ? Bref, les ministres de Sassou commencent à s'ennuyer.

A deux reprises, ces trente derniers jours, Ban Ki-moon a fait part de son souhait d'envoyer ses équipes dans le département du Pool où l'armée du dictateur, à cause de ses bombardements, a créé la débandade et le désarroi au niveau des populations civiles. Le secrétaire général des Nations-Unies, après avoir remercié Sassou pour son rôle joué dans la pacification du Centrafrique comme médiateur, l'a, fortement, invité à faire (exactement) la même chose dans son propre pays. Mis mal à l'aise, le dictateur a invité le professeur, Abdoulaye Bathily, le représentant de Ban Ki-moon, en Afrique centrale, à venir visiter, lui-même, le Pool et de rendre compte à son patron. Reçu hier, à Mpila, par le dictateur (qui finalement ne s'est plus rendu au Maroc pour ses soins comme il avait laissé entendre), Abdoulaye Bathily devait commencer sa visite dans le département du Pool aujourd'hui.

L'autre volet de sa visite au Congo a trait au dialogue qui doit impérativement s'ouvrir, comme l'exigent les partenaires extérieurs congolais. Le pays étant financièrement à sec (certains secteurs de la vie nationale comme l'université, l'hôpital, etc. commencent à accumuler les retards de paiement de bourses ou de salaires, pendant que beaucoup d'entreprises licencient à Pointe Noire et à Brazzaville), le FMI, croit-on savoir, n'ouvrira son tiroir caisse, que pour servir un gouvernement issu d'un dialogue consensuel et accepté par tous. D'ici là, il y a du travail en perspective sachant qu'un bon coup de vent peut entre temps emporter le dictateur. Il sait qu'il n'est pas à l'abri d'une telle secousse. Qu'on ne s'étonne donc pas de l'activisme du premier ministre, Clément Mouamba et de son ministre chargé du Dialogue, Digne Elvis Okombi Tsalissan. Leur mission est claire : convaincre vite l'opposition à aller au dialogue et éviter que le feu qui couve sous la cendre ne se déclenche.

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