CONGO-BRAZZAVILLE : Le dictateur demande de l'aide humanitaire devant la très grave situation dans le Pool

Finalement, le pasteur Ntumi sort, quelque part, victorieux dans la première bataille de la guerre qu'il mène au président Denis Sassou-Nguesso, depuis avril 2016. Ce dernier avait, toujours, affirmé que dans le Pool, c'était une affaire de « banditisme » qu'il ne tardera pas à enrayer, et que point n'était besoin de demander du secours à qui que ce soit, le gouvernement maîtrisant, parfaitement, la situation. Que non ! Le dictateur prenait ses désirs pour de la réalité. Pour preuve, sur ses instructions, son premier ministre chef du gouvernement, Clément Mouamba, a pris sa belle plume, lundi, 3 juillet, pour saisir le Coordonnateur humanitaire du Système des Nations-Unies, représentant résident du PNUD du Congo, à Brazzaville, afin de lancer un « Appel à l'aide humanitaire d'urgence en faveur des populations du département du Pool ».

Le premier ministre écrit : « L'atteinte voire le dépassement du seuil d'insécurité alimentaire et nutritionnelle de 15% fixé par l'OMS (notre photo) ne peut laisser indifférent mon gouvernement qui agit, désormais, avec des moyens assez limités compte tenu de la situation financière exsangue du pays ».

Et de lâcher les raisons de cette requête : « Pour ce motif et en raison de la nécessité d'une action urgente, le gouvernement de la République du Congo lance, officiellement, ce jour un appel d'urgence à l'aide d'un montant de 21.000.000 USD au Système des Nations-Unies et aux partenaires techniques et financiers en vue d'un appui à l'assistance humanitaire aux populations déplacées du département du Pool pour une période de six mois ».

Le premier tour des élections législatives aura lieu le 16 juillet. Ntumi avait juré qu'il rendrait celles-ci impossibles dans certaines parties du territoire, notamment, dans certains secteurs de Brazzaville, et dans certaines localités des départements du Pool et de la Bouenza. Sassou a pris peur et s'est lancé dans le recrutement des mercenaires.

Médiateur hier en Centrafrique et aujourd'hui en Libye post-Kadhafi, le dictateur fait, toujours, la sourde oreille à la demande de dialogue formulée par l'opposition politique et armée, dans le but de décrisper l'atmosphère dans le pays, qui est devenue invivable. La situation va de mal en pis y compris au CHU de Brazzaville (le seul vrai hôpital du pays) où même l'alcool de 90° commence à manquer. Les 400.000 personnes déplacées dans le Pool sont les principales victimes de cette guerre des egos qui ne rend service à personne.

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