CONGO-BRAZZAVILLE : Le dictateur en train d'entraîner une partie de l'opposition dans sa chute

Ce n'est plus un secret pour personne que le Congo-Brazzaville va très mal. Les cérémonies marquant le 56e anniversaire de la fête de l'indépendance, dans la Bouenza, sont, littéralement, boudées par les populations locales. Pour faire bonne figure, le pouvoir achète, à coup de billets de banque, les figurants venant de plusieurs localités lointaines dont Brazzaville, pour remplir le stade et d'autres lieux de la manifestation. Les forces de l'ordre sont, parfois, transformées en figurants autochtones afin de boucher les trous, dans les tribunes. Le dictateur qui n'a obtenu que 8% lors de la présidentielle du 20 mars, et qui s'est octroyé un score de 60% pour lui permettre de passer dès le premier tour, se rend compte que son vote usurpé est difficile à porter sur les épaules.

Cela dit, le dictateur ne veut pas tomber seul. Il veut entraîner l'opposition dans sa chute. Pour y parvenir, il arrose, copieusement, deux anciens signataires de la Charte de solidarité, qui ont vite fait de se désolidariser du Groupe des Cinq : Guy Brice Parfait Kolelas et Pascal Tsaty Mabiala, on peut le dire, sont membres de l'opposition, avec les deux pieds chez Sassou Nguesso. Zéphirin Mboulou est leur intermédiaire auprès du dictateur. Après avoir pris beaucoup de galon pour avoir parfaitement conduit le processus qui a abouti au hold up électoral, il est devenu un homme de confiance du dictateur.

La pêche de Sassou ne s'est pas limitée à Kolelas et à Mabiala. Moukoueke, Itadi, Oba, Madingou et autres Mpouele, auraient comme interlocuteur, Demi-Dieu. Jean Dominique Okemba s'occuperait d'eux pour ne pas tout laisser entre les mains de Mboulou.

Comme on voit, le dictateur est dans le trou. Mais, il ne veut pas couler seul. Il réussit à entraîner quelques brebis galeuses dans sa chute. Car face aux véritables résistants comme Mokoko et Makaya (qui aurait, selon certaines sources, été trahi par son « frère » Kolelas), en prison, Okombi en fuite, Munari, Bowao, Mierassa, et d'autres, sous surveillance à Brazzaville, il est conscient de leur inflexibilité, après avoir tout tenté.

Avec un baril à 45 dollars qui ne lui permet plus de payer les salaires, à temps, il sait que le compte à rebours (de la chute) a commencé.

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