CONGO-BRAZZAVILLE : Le dictateur ordonne le maintien du général Mokoko en prison

On sait le dictateur très remonté contre le général, Jean-Marie Michel Mokoko (notre photo), pour avoir repoussé toutes ses offres, dont, celle de reconnaître sa victoire à la présidentielle du 20 mars dernier, devant les cameras de Télé Congo, et de bénéficier, par la suite, d'un exil doré, pour le reste de sa vie. Un des deux véritables vainqueurs de cette présidentielle, avec Guy Brice Parfait Kolelas, et ce devant Sassou-Nguesso, qui n'aurait obtenu que 8% des voix selon le décompte de la Commission électorale mise en place par l'IDC-FROCAD, sous la coordination du professeur, Bowao, le général Mokoko a opposé une fin de non recevoir à cette trahison du peuple (que Sassou lui proposait), et même, de sa propre conscience. On ne doit, donc, pas être étonné de l'acharnement du dictateur contre sa modeste personne, lui qui n'est pas habitué qu'on lui tienne tête, et surtout, qu'on lui dise Non. Le général Mokoko n'a, évidemment, pas sa place en prison. L'Occident le sait, l'Union européenne, aussi, tout comme, l'Union africaine et les Nations-Unies.

"C’est un verdict de rejet de notre demande de mise en liberté provisoire qui a été rendu", a déclaré Me Yvon-Eric Ibouanga, estimant que cette décision est de "nullité absolue" car "dépourvue de base légale". En réalité, le Congo-Brazzaville, n'étant pas un état de droit, un tel verdict est bien conforme à la nature du régime en place.

Selon Me Ibouanga, les chefs d’inculpation contre le général Mokoko sont "maintenus", mais, ce dernier "les a (toujours) réfutés en bloc et de manière catégorique".

Ancien chef d'état-major des armées du Congo (de 1987 à 1993), le général Mokoko a été inculpé, le 16 juin, pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat et détention illégale d'armes et munitions de guerre".
Mercredi, 17 août, l'officier supérieur s'est vu notifier une nouvelle inculpation, pour "incitation aux troubles à l’ordre public".

Le général Mokoko est mis en cause dans une vidéo tournée en 2007 le montrant en train de discuter d'un plan visant à chasser le président, Denis Sassou Nguesso, du pouvoir avec un homme dont on ne voit pas le visage et se présentant comme appartenant au service de renseignement extérieur de la France (la DGSE).

En réponse à ce grossier montage, le général Mokoko a, toujours, indiqué qu'il s'était fait "piéger" dans cette affaire de vidéo, ajoutant que la question avait été "réglée en famille" avec M. Sassou Nguesso qui cumule plus de 32 ans au pouvoir au Congo.

Passé par l'Ecole supérieure militaire de Saint-Cyr, en France, le général Mokoko, contrairement, à Sassou, qui a obtenu ses galons militaires grâce au sang versé, a été jusqu'à début février, représentant spécial de la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) en Centrafrique où il a fait du très bon travail.

Il avait démissionné, début février, de son poste de conseiller du président Sassou-Nguesso chargé des questions de paix et de sécurité, qu'il occupait depuis 2005, pour se porter candidat à l'élection présidentielle de mars, où il a recueilli moins de 14% de voix, selon le décompte de la Commission électorale du gouvernement.

Le scrutin a (officiellement) été remporté par Sassou Nguesso, avec plus de 60% de suffrages, au premier tour, des résultats contestés par cinq opposants, dont le général Mokoko.

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