CONGO-BRAZZAVILLE : Le dictateur persona non grata comme facilitateur à Kinshasa

Denis Sassou Nguesso est-il à la recherche d'un emploi ? On le croyait, pourtant, réélu avec « 60% » des voix, dès le premier tour, pour poursuivre son œuvre de « bâtisseur infatigable », à la tête du Congo-Brazzaville, activement, soutenu par ses amis chinois. Il semble que ce job ne lui suffit guère. Il veut plus de travail. Après la fin de la crise centrafricaine consacrée par la tenue de la présidentielle, où il fut médiateur international, le dictateur, aujourd'hui, sans emploi pour se faire voir et entendre sur le plan international, rêve de reprendre du service, de l'autre côté du fleuve Congo. Il a, donc, tout fait pour (re)nouer avec Joseph Kibila, qui lui a rendu visite, à Oyo, à ce sujet, le 27 juin dernier (notre photo).

A Kigali où il a participé au 27e Sommet de l'Union africaine, en début de semaine, son souhait de devenir médiateur en RDC, a été au centre de ses discussions avec Paul Kagamé, à deux reprises. Au point où les Nations-Unies ont été obligées de sortir de leur légendaire réserve pour stopper sa (très vicieuse) manœuvre. En effet, la Monusco (Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) vient, très officiellement, de lui opposer une fin de non recevoir en récusant, publiquement, son initiative, qui ne va pas dans le bon sens. Si Joseph Kabila, semble-t-il, se serait laissé convaincre par Sassou, tel n'est pas le cas des opposants qui refusent que le dictateur s'occupe des affaires du Congo-Kinshasa. Telle est, en effet, la position du doyen Tshisekedi qui n'a, jamais, varié sur ce point, et qui est rejoint par Katumbi, Kamerhe et quelques autres. C'est donc le flop total.

Le dictateur (qui cherche vraiment à s'occuper) devrait, plutôt, s'atteler à la préparation de son propre dialogue avec l'opposition de son pays, sans quoi, il n'y aura jamais (jamais) d'accord financier entre Brazzaville et le Fonds monétaire international.

Car la solution (la vraie) au problème congolais est dans le retour de la confiance mutuelle entre le pouvoir et l'opposition que seul le dialogue inclusif peut offrir. Même le président chinois, Xi Jinping, le lui a répété, dernièrement, à Pékin, tout en rassurant Sassou de sa « grande amitié ». C'est dire que le recours aux Chinois qui disent ne pas être très rassurés qu'ils seront, intégralement, payés un jour (l'opposition dit ne pas reconnaître les prêts chinois si elle accède au pouvoir), est une mauvaise solution à la résolution du problème congolais.

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