CONGO-BRAZZAVILLE : Le général Mokoko a été conduit à la prison de Brazzaville sur ordre du dictateur

Le dictateur est en train de jouer son va tout (final). Après avoir envoyé, ces derniers jours, son ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, en Europe, pour rencontrer des diplomates et personnalités, afin de faire accepter la « victoire » du dictateur à la dernière présidentielle, lui-même n'est pas resté les bras croisés. C'est ainsi qu'il s'est rendu, à Luanda, les 13 et 14 juin, pour s'entretenir, notamment, avec l'Angolais, José Eduardo dos Santos et le Sud-Africain, Jacob Zuma. Il aurait eu quelques assurances des deux hommes : du président angolais, que son armée n'allait pas intervenir dans les affaires intérieures du Congo-Brazzaville et du président sud-africain afin qu'il « parle » à son ex-épouse qui préside, pour quelques mois encore, la Commission de l'Union africaine (dernier employeur en date du général Mokoko). Le dictateur croit avoir bien verrouillé son affaire. C'est la raison pour laquelle, c'est depuis Luanda, même, où il se trouvait, encore, qu'il a donné l'ordre de garder à vue le général Jean Marie Michel Mokoko, alors que les enquêteurs qui l'interrogeaient voulaient le raccompagner chez lui.

Le dictateur aurait une peur bleue du dialogue (qui se prépare), surtout, si elle est managée sous la houlette de la communauté internationale. Il a expliqué à José Eduardo dos Santos et à Jacob Zuma que le fait de tenir ce dialogue (sous la direction des Occidentaux), serait synonyme, pour lui, de perte de son pouvoir et de déclenchement des poursuites judiciaires à son encontre.

Pendant que la justice de son pays malmenait l'un des deux vainqueurs du premier tour de la présidentielle, au même moment, François Hollande recevait l'écrivain congolais, Alain Mabanckou, en audience, à l'Elysée. La veille, c'est un autre opposant de taille, Mathias Dzon, qui avait expliqué, en détails, à ses interlocuteurs du Quai d'Orsay et de l'Elysée la façon dont Sassou était passé en force à la présidentielle, et comment il ne méritait plus d'être considéré comme le président du Congo.

Dans tous les cas, les portes de Sassou (même si Gakosso dit le contraire devant les micros de Télé Congo), se referment sur lui. Ca va (incontestablement) mal dans la dictature des Nguesso. Mokoko en prison pour une fausse affaire de coup d'état, n'est pas de nature à beaucoup aider le régime finissant de Brazzaville.

Car Mokoko n'est pas en prison parce qu'il a réellement voulu faire un coup d'état à Sassou. Il est en prison parce que de retour de Luanda, Sassou a cherché à le rencontrer pour qu'il reconnaisse sa « victoire » devant les caméras de Télé Congo. Le général a une fois de plus dit « Niet ».

L'IDC-FROCAD et la Composante J3M tiendront une conférence de presse, vendredi, 17 juin, à 11 heures, dans les locaux du CADD, à Brazzaville. On en saura plus sur les mesures qu'ils comptent prendre pour répondre à cette tournure que prennent les événements.

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