CONGO-BRAZZAVILLE : Le procès du général Jean-Marie Michel Mokoko a commencé sous très haute surveillance militaire

Le silence au tribunal du général, Jean Marie Mokoko, a déstabilisé les juges qui ne s'attendaient pas à ce qu'il reste stoïque, égal à lui-même. Même pas peur ! Comme s'il était dans un autre monde. Entourés de ses avocats (voir la photo envoyée par Guy Mafimba montrant le général entre deux de ses avocats), il est resté muet comme une carpe. Les juges ne s'attendaient pas à un tel silence de l'accusé. Mieux, ils avaient préparé d'autres nouvelles charges pour lesquelles il devait être interrogé. Il s'agit des événements du 4 avril. Pourquoi ce changement brusque ? Parce que le principal témoin à charge sur qui comptaient les juges, à savoir, Me Tony Moudilou, n'a pas voulu effectuer le déplacement de Brazzaville. Ce dernier vit en France et ne voudrait plus, semble-t-il, se mêler de cette affaire, ni de près ni de loin. Sans son témoignage sur la fameuse cassette qui faisait du général Mokoko, un putschiste, point d'argument pour la justice de Sassou de chercher noise à Mokoko. C'est pourquoi les accusateurs ont trouvé cette affaire du 4 avril. Mais Mokoko et ses avocats sont restés muets comme des carpes. Ils ont gardé la bouche, les oreilles, et même, les yeux fermés. Ne sachant quoi faire, le président a ordonné la suspension de la séance. Tout ce beau monde se retrouvera demain, mardi, 8 mai, à partir de 10 h ( 9H GMT) au tribunal. Traduction d'un observateur avisé de la scène politique congolaise : la nuit portant conseil, ce délai permet aux juges d'aller prendre de nouvelles instructions chez Sassou car le silence observé par Mokoko et ses avocats, est un cas de figure qui n'avait pas été prévu.

C'est connu : le dictateur a une peur bleue des hommes qui portent la tenue militaire comme lui. Plus grave, quand ceux-ci suscitent respect et considération dans les casernes. C'est le cas du Saint-Cyrien et ancien chef d'état major des armées, Jean-Marie Michel Mokoko, dont le crime de lèse-majesté, est de s'être présenté à l'élection présidentielle de 2016, lui, l'homme du Nord comme Sassou-Nguesso. Après qu'il eut refusé de reconnaître la victoire du dictateur (Sassou-Nguesso était sorti 4e du scrutin avec 8% des voix), Mokoko a été conduit à la case prison où il croupit depuis deux ans, au mépris des principes élémentaires d'un état de droit, ni des qu'en dira-t-on qu'on pourrait espérer du « Défenseur des forêts du Bassin du Congo », nouvelle appellation non contrôlée qu'il essaie de vendre à la communauté internationale, pour occulter ses crimes intérieurs.

A propos de ce procès qui a commencé ce matin, Charles Zacharie Bowao, professeur des universités de son état, nous a envoyé ceci : « Tous les alentours du parquet, sur un rayon de 3 kilomètres, sont envahis par des militaires et des policiers armés jusqu'aux dents. Des engins lourds de guerre sont disposés tout autour. Le président légitime du Congo va au procès (le procès du général Mokoko a commencé ce lundi 7 mai, ndlr). Le pouvoir dictatorial est aux abois car le peuple veut profiter de ce rassemblement pour aller dégager Sassou-Nguesso. C'est la peur panique. La salle d'audience a été inondée, tôt, ce matin par des policiers en civil. Il n'y a plus de place pour les parents du général et ses proches » (fin de citation).

L'audience est reportée à mardi, 8 mai, à 10 heures du matin.

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