CONGO-BRAZZAVILLE : Le retour au premier plan d'Isidore Mvouba élu président de l'Assemblée nationale

Ceux des Congolais qui n'ont les yeux que pour les membres du clan présidentiel, généralement, originaires d'Oyo et de ses environs, ont tort de ne pas regarder tous ceux qui comptent, réellement, dans la galaxie Sassou-Nguesso. Isidore Mvouba dit Le Chinois (notre photo), qui en fait partie, avait été l'un de ses tout premiers directeurs de cabinet, au lendemain de son retour au pouvoir, en octobre 1997. C'est un poste essentiel à qui le dictateur ne confie pas au premier venu.

Par la suite, Isidore Mvouba fut élevé au rang de premier ministre, comme il y en a eu peu depuis 1997. Son séjour en France de plusieurs mois, il y a quelques années, avait fait dire à plusieurs Congolais de la diaspora (notamment) qu'il était fini, et que, réellement, en exil, il avait fui la dictature de Sassou. Mais cinq ou six mois, après s'être soigné, Le Chinois s'en retournait au Congo retrouver son dictateur préféré.

Aujourd'hui, il est son président de l'Assemblée nationale, qui est l'instance où la transition (à la Sassou-Nguesso) va commencer à être entreprise, au regard de la composition très orientée des députés PCT. Mvouba semble être un homme sûr pour des missions futures.

Le dictateur sachant qu'il n'est plus, à son poste, pour très longtemps (chaque jour qui passe est un combat de survie à la tête de l'Etat), il veut organiser la succession à sa façon. S'il a, déjà, choisi ce successeur qui semble être son fils, Denis Christel Sassou-Nguesso (qui va avoir avec le soutien de papa son propre groupe de députés à l'Assemblée nationale), le processus ne sera pas comme une lettre à la poste. « Kiki le pétrolier » ou « Kiki le Zaïrois » (c'est selon) devra marcher sur certains cadavres au sein de la grande famille paternelle. Ce ne sera pas le plus simple dans une fratrie où certains sont des adeptes du maniement des AK 47 alors que d'autres ne jurent que par les marmites sacrées. D'autre part, les difficultés financières couronnées par un programme avec le FMI, vont, considérablement, réduire la marge de manœuvre de Sassou qui n'a plus beaucoup d'argent pour corrompre les classes politiques congolaise, ouest-africaine et française, comme par le passé. Bref, le timing ne lui est plus très (très) favorable. Mais, en homme expérimenté, il est, suffisamment, rusé pour parvenir à ses fins.

Les plus populaires