CONGO-BRAZZAVILLE : le vote ayant montré que Sassou est ultra-minoritaire, que va faire l'opposition ?

Sassou a mis 48 heures, là où les Ivoiriens six fois plus nombreux n'ont mis que 24 heures pour donner le taux de participation. Le dictateur sait que, même si le Congo comme il l'a déclaré, est un « Etat souverain », son très choquant passage en force a ulcéré au Congo comme hors du Congo. Même les intellectuels européens sont outrés et se mobilisent pour dire « Ca suffit ! », le soutien à ce dictateur.

Sassou a déroulé son plan dans la durée : il a commencé par suspendre une quinzaine de journaux privés, en 2014, puis, a expulsé deux journalistes dont une de nationalité congolaise, il a saisi le matériel radio et télé de Radio TV Forum des droits de l'homme, propriété de Me Maurice Massengo-Tiassé, il a commencé à distribuer son fameux projet de constitution cinq jours après le début de la très courte campagne référendaire, pas à tout le monde et pas partout, il a interdit les meetings de l'opposition voyant que ceux-ci attiraient beaucoup de monde, il a mis certains leaders de l'opposition en résidence surveillée par sa garde présidentielle soutenue par des mercenaires étrangers venus du Burundi, du Centrafrique, du Rwanda, du Tchad et du Congo-Kinshasa, il a fait tirer sur la foule faisant, à ce jour une « trentaine de morts » en dehors des 15 morts trouvés hier, semble-t-il, dans un commissariat de Makélékélé, il a coupé toutes les communications à partir du Congo (pas de sms, pas de téléphone à l'international ni d'internet depuis le 20 octobre), il a retardé la médiation de l'envoyé spécial des Nations-Unies, Abdoulaye Bathily, etc. Conclusion : Denis Sassou Nguesso est plus fort que Pierre Nkurunziza et Blaise Compaoré réunis.

Son passage en force est réussi, avec un taux de participation de 72,44% et 92,26% de OUI. Là où tout le monde, y compris, Bathily qui pourra rendre compte à Ki-moon, a vu, qu'à peine, 10% de Congolais se sont déplacés pour voter.

Sassou a bravé et humilié la démocratie.

L'opposition, malgré des divergences (qui sont beaucoup plus nombreuses et visibles dans le camp du pouvoir) devrait s'accorder sur l'essentiel : le départ de Sassou, comme annoncé il y a quelques jours.

Réunie hier, elle a décidé de poursuivre la « désobéissance civile ». On ne tardera pas à en savoir davantage bientôt.

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