CONGO-BRAZZAVILLE : Les 200 corps de soldats tués dans le Pool disséminés dans tout le pays

Clément Mouamba est très fort. Premier ministre du dictateur depuis le 30 avril 2016, il est le seul Congolais (au monde) à nier l'état de guerre au Congo-Brazzaville. Même Sassou avoue que le pays est en guerre. Mais pas Mouamba. Mgr Milandou, archevêque de Brazzaville, vient, de son côté, de dénoncer cette situation de guerre chez nos collègues de RFI. Il est sur la même longueur d'onde que son frère en Christ, l'évêque du Pool (Kinkala), Mgr Portella. Mais pour le premier ministre, il n'y a pas de guerre, juste un « bandit » (Ntoumi) qu'il faut neutraliser et qui occupe à peine « le quart du Pool ». Il l'a juré lors d'une conférence de presse (notre photo), de trois heures, que passe et repasse Télé Congo depuis hier, à l'occasion de l'AN 1 de son gouvernement.

A force de servir le dictateur, Clément va finir par se rappeler qu'il n'est pas le grand économiste qu'on veut faire croire. Ses faits d'armes sont notables : (entre autres) la faillite de la BCC. Mais laissons cela et parlons de la guerre qu'il dit ne pas exister. L'état-major, lui, se démène actuellement, à disséminer, partout partout, les corps des 200 soldats tués, le 1er mai, dans le Pool. Selon plusieurs sources, certains corps de ses soldats et miliciens ont, d'ores et déjà, été fourgués dans les morgues de Loudima et de Dolisie, en attendant d'autres morgues, bien loin du théâtre des affrontements. Un conseil : les familles qui ont des parents-soldats envoyés dans cette galère du Pool doivent bien s'informer auprès de l'état-major si ceux-ci sont encore (toujours) en vie. Notons que pour brouiller les cartes, Sassou a coupé le téléphone dans une bonne partie du Pool. Impossible donc de joindre les soldats au front. Le dictateur a, en effet, beaucoup de choses à cacher.

Et un malheur ne venant jamais seul, Okemba Jean Dominique va certainement rentrer bredouille, à Brazzaville, ses multiples contacts, depuis samedi dernier, à Paris, ne lui ayant pas permis de rencontrer Emmanuel Macron afin de positionner son oncle Sassou-Nguesso.

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