CONGO-BRAZZAVILLE : Les larmes de crocodile des indignes héritiers du « professeur des professeurs »

Seul et unique chef d'Etat du Congo-Brazzaville moderne à avoir été, démocratiquement, élu en 1992, Pascal Lissouba a rendu l'âme, à Perpignan, dans le Sud-Ouest de la France, où il résidait depuis de très longues années, à l'abri de ses indignes héritiers, qui n'ont jamais su relever le défi que leur avaient lancé le général, Denis Sassou-Nguesso, et ses cobras.

Disséminés dans plusieurs capitales africaines, après le coup d'état militaire de Sassou, notamment, à Cotonou, Lomé (où je rencontrai Bernard Kolelas en compagnie de Hellot Mampouya (?) pendant trois heures au domicile du ministre togolais des Droits de l'homme Olympio), Abidjan (où je reçus Paulin Makaya, l'émissaire de Bernard Kolelas), Ouagadougou, Accra, Bamako (où je rencontrai à nouveau Bernard Kolelas et Paulin Makaya qui m'invitèrent d'ailleurs à déjeuner), mais aussi, en Europe, les indignes héritiers de celui qu'on appelait, affectueusement, le professeur des professeurs, n'ont jamais été à la hauteur des enjeux.

Comment espéraient-ils reconquérir leur pouvoir arraché de force par Sassou ? C'était une équation insoluble alors qu'ils espéraient, tous, leur retour au Congo-Brazzaville. Partis en exil pour quelques jours, comme ils disaient, puis, quelques semaines, puis, quelques mois, puis, quelques années avant de revenir au pays, ils y sont toujours quand ils ne sont pas, encore, morts.

Seul Bernard Kolelas avait tenté un retour en force via Kinshasa, mais, la compagnie Air Afrique qu'il avait empruntée étant la propriété des Etats dont le Congo-Brazzaville, le nouveau maître de Mpila n'eut aucune difficulté à le bloquer. Résultat : retour à la case départ en Afrique de l'Ouest d'où il avait embarqué.

En octobre 1998, je me rendis à Londres pour rencontrer le président, Pascal Lissouba. Il me reçut au quartier des ambassadeurs où il résidait. Notre entretien se déroula dans son salon en présence de son conseiller (économique) qui l'avait suivi en exil : Mr Njanga (?).

Le professeur des professeurs me dit amèrement qu'il était déçu du comportement de ses anciens collaborateurs. Au lieu de défendre la démocratie bafouée au Congo, ils étaient là à attendre tout de lui. Très clairement, il m'avait dit (devant témoin) que les moyens dont il disposait, étaient sous le contrôle de sa fille et de son épouse, Jocelyne Lissouba, qui fit une brève apparition pendant mon entretien avec son époux, juste pour me saluer, avant de disparaître dans la chambre.

Le président me demanda de prendre contact, de sa part, avec ses anciens collaborateurs. Il me désigna, nommément, les anciens ministres de l'Economie et des Finances, Nguila Moungounga Kombo, et des Hydrocarbures, Benoît Koukebene. Bien que le premier essaya de relever le défi, pendant les années ayant suivi le départ du pouvoir, l'opposition (sans unité chacun tirant la couverture de son côté) ne sut pas contourner l'obstacle Sassou-Nguesso.

Le problème de l'opposition congolaise (qui comprend quelques honorables correspondants), c'est que chacun veut devenir président de la République. Pascal Lissouba ayant rendu les armes sous la pression de sa fille et de son épouse, il n'y avait plus de leader digne de ce nom, disposant d'un coffre-fort garni (en dehors de Moungounga et de Koukebene), pour conduire de véritables hostilités susceptibles de mettre le pouvoir de Sassou à mal, alors que, dans les années 2000, les ninjas de Bernard Kolelas auraient bien pu faire l'affaire s'ils avaient été, efficacement, aidés par ceux qui détenaient, encore, un trésor de guerre, à cette époque.

Le professeur des professeurs n'est pas mort le coeur en paix. Quand on a une opposition aussi indigne avec une UPADS collabo, on rend l'âme le cœur fermé. Le maintien de Sassou-Nguesso aux affaires est rendu possible par cette situation que beaucoup déplorent. Au point où le dictateur (5 étoiles) propose, aujourd'hui, à ses amis français, sa succession par son fils Kiki. Au vu et au su de tous. Et personne ne bronche vraiment.

Aujourd'hui, ils pleurent tous, les indignes héritiers de Pascal. Alors qu'ils lui ont désobéi, chacun voulant devenir calife à la place du calife.

Cela dit, la question immédiate est celle-ci : où va-t-il être enterré ?

Paul Tédga.

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