CONGO-BRAZZAVILLE : Okombi Salissa en danger de mort certaine

Pour avoir la vie sauve, comme Maurice Massengo-Tiassé, il faut (dare dare) quitter le Congo-Brazzaville, si on entend contester, longtemps, la dictature qui règne dans le pays. Deuxième vice-président de la Commission nationale des droits de l'homme, Me Tiassé navigue entre la France, la Suisse, les Etats-Unis et le Royaume-Uni où il est quasi-insaisissable. Sassou le cherche sans le trouver.

L'infatigable « homme de paix » a fini par zigouiller tous ses opposants proches ou lointains, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, politiques ou militaires, hommes de Dieu ou simples citoyens. Avec lui, pas de quartier : le grand camarade de Pyongyang passe pour un enfant de choeur à côté de lui. Dernier forfait non sanctionné : le colonel Marcel Ntsourou à qui il a ôté la vie en s'organisant (comme il sait le faire) à ce qu'il n'y ait aucune contestation. Du grand art !

Prochaine cible si l'on ne fait rien : André Okombi Salissa (AOS). Le dictateur lui reproche d'être un ingrat notoire qui l'a trahi en se présentant contre lui à l'élection présidentielle de mars 2016. D'où des manœuvres qui sont, actuellement, orchestrées pour lui ôter la vie. D'abord, il a commencé par le sortir de la prison centrale de Brazzaville, pour l'isoler, tout seul, dans une cellule de la Direction générale de la sécurité de l'Etat (DGSE), et ce sans raison apparente. AOS (notre photo où il est menotté) est un prisonnier et en tant que tel, sa place est, logiquement, en prison et non à la DGSE.

Le 12 avril, un incendie s'est déclaré à la DGSE, comme par hasard, à proximité de la cellule d'AOS. Après que les premiers soupçons se furent portés sur un court-circuit électrique, les investigations faites, par la suite, ont fait état d'une main noire qui aurait agi dans l'ombre. Objectif : attenter à la vie d'AOS. En effet, la mission confiée à des mercenaires, semble-t-il, était de mettre le feu à la cellule du célèbre prisonnier afin de justifier sa mort à la suite d'un court-circuit qui aurait consumé la cellule. Le régime voulait le faire brûler dans sa cellule comme un rat. Du grand art cynique ! Cela fait exactement trois mois que AOS gît dans ces bas-fonds de la DGSE. Et pour cause : Sassou aurait, selon certaines sources crédibles, planifié sa liquidation physique comme il l'a, impunément, fait pour le colonel, Marcel Ntsourou. Sans aucune réaction ni contestation venant de nulle part.

Les amis d'AOS savent, désormais, à quoi s'en tenir. Généralement, le dictateur peut rater une fois sa cible, mais, pas deux fois, jamais trois fois.

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