CONGO-BRAZZAVILLE : Pour la deuxième fois en un mois, Ban Ki-moon demande au dictateur de dialoguer

Le dictateur n'a, vraiment, pas bien dormi, la nuit dernière, pour deux raisons : le refus de l'Union européenne de rappeler son ambassadrice au Congo, Saskia de Lang, comme il l'avait, formellement, demandé, et le coup de téléphone de Ban Ki-moon, depuis New York, lui rappelant ses obligations d'homme d'Etat.

En effet, la conversation avec le secrétaire général des Nations-Unies, ne fut pas des plus agréables pour lui, mais contre mauvaise fortune il était obligé de faire bon cœur.

Sans passer par quatre chemins, le secrétaire général des Nations-Unies lui a demandé d'ouvrir le département du Pool aux humanitaires des Nations-Unies et des ONG nationales et internationales, afin qu'ils puissent sauver des vies humaines. Chose importante également à souligner qui mettra du baume au cœur des membres de l'IDC-FROCAD et de la société civile : Ban Ki-moon a insisté auprès de Sassou pour qu'il accepte d'ouvrir un « Dialogue Politique ».

C'est la deuxième fois, en l'espace d'un mois, que le secrétaire général demande, exactement, les mêmes choses au dictateur. La première fois, c'était quand son représentant en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, lui avait transmis, le lundi, 18 avril, à Oyo, un message du secrétaire général contenant les mêmes requêtes. Très mécontent de celui qu'il pensait être l'allié qu'il avait, définitivement, mis dans sa poche, à savoir, le professeur, Abdoulaye Bathily, le dictateur l'avait « chambré » ce soir, arrachant même le message du secrétaire général des Nations-Unies de ses mains, alors que son représentant venait le lui porter respectueusement.

Comme à son habitude, le dictateur a préféré laisser passer l'orage sans y répondre. Ca fait un mois qu'il n'a rien proposé et que le Congo tourne en rond. A quelques jours du Sommet des Nations-Unies sur l'aide humanitaire qui se tiendra, les 23 et 24 mai, en Turquie, et auquel le dictateur est, personnellement, convié, le secrétaire général est, donc, revenu à la charge.

Participera-t-il à ce Sommet que Recep Tayyip Erdogan co-présidera avec Ban Ki-moon ? En tout cas, le président turc l'y a, formellement, invité en envoyant, la semaine dernière, son ambassadeur au Congo lui remettre une invitation, en bonne et due forme, à Oyo, son village natal, devenu la véritable capitale politique du Congo. « Monsieur 8% » assistera-t-il à ce Sommet sur l'aide humanitaire qu'il refuse justement aux populations du Pool ? Cela dit, le dictateur hésite depuis quelque temps à passer la nuit hors de son pays. Il est habité par la phobie du coup d'état, depuis que les divisions au sein de l'armée sont devenues une évidence aux yeux des Congolais. Désormais, il a peur de son ombre.

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