CONGO-BRAZZAVILLE : Saskia et Stéphanie bientôt au panthéon de la démocratie et de la défense des libertés ?

Alors qu'il ne laissait rien paraître, le dictateur a fait savoir, tard, hier dans la nuit, sa décision de quitter Brazzaville, ce vendredi, 20 mai, matin, pour assister, à Malabo, à l'investiture de son homologue équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Il y a un an, il s'y serait rendu la veille, et aurait passé la nuit du réveillon à festoyer, comme jamais, avant de rentrer, deux jours, plus tard, à Brazzaville. Aujourd'hui, c'est trop dangereux, pour lui, de dormir à l'étranger : « quelqu'un » pourrait lui intimer l'ordre de rester là où il est, et de ne plus mettre les pieds au Congo. Conséquence : il était prévu que le dictateur et sa suite reviennent, avant la tombée de la nuit, à Brazzaville. Autre petit détail qui a son importance : contrairement à ses habitudes, la première dame, Antoinette, n'a pas fait le déplacement de Malabo. Tout comme, elle était restée, à Oyo, lors de l'aller et retour effectué par son mari de dictateur, à l'occasion de l'investiture du président du Niger, Mahamadou Issoufou, le 2 avril, à Niamey.

A Malabo, alors que les autres chefs d'Etat présents (Idriss Déby Itno du Tchad et Madame, Bongo Ondimba Ali du Gabon, Faustin Archange Touadera du Centrafrique, Mahamadou Issoufou du Niger, Ibrahim Boubacar Keita du Mali et Madame, et Alpha Condé de Guinée) avaient la tête aux réjouissances, Sassou, lui, a passé son temps à les « sensibiliser» afin qu'ils soient avec lui, dans les durs combats futurs qu'il est appelé à mener. Il s'agit du dialogue politique que réclament l'opposition congolaise et la communauté internationale, et qu'il redoute beaucoup.

Le dictateur encaisse mal de ne pas être considéré comme le « vainqueur » de la présidentielle du 20 mars. Perçu, dans le monde entier, comme un vulgaire petit tricheur, il est, aussi, convaincu d'être à l'étroit aux côtés des ambassadrices de l'Union européenne, Saskia de Lang (notre photo) et des Etats-Unis, Stéphanie S. Sullivan, auprès de qui il n'a jamais été à l'aise, car, absolument, pas manipulables. Ayant vu qu'elles sont, fermement et solidement, soutenues par leurs capitales respectives, à savoir, Bruxelles et Washington, il va devoir changer sa stratégie à leur égard, en évitant la confrontation.

Dans le bras de fer qui a opposé ces derniers jours, Brazzaville et Bruxelles sur le rappel de l'ambassadrice de l'UE, l'opposition à travers la voix de son coordinateur de l'IDC-FROCAD, le professeur de philosophie, Charles Zacharie Bowao, a apporté son soutien ferme à l'ambassadrice de l'UE et rappelé, dans une déclaration parvenue à afriqueeducation.com que « seul un dialogue politique inclusif sous l'égide de la communauté internationale est nécessaire pour sortir de l'impasse ». Saskia de Lang et Stéphanie Sullivan, ne demandent pas autre chose. Ce dialogue que le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon a, lui aussi, réclamé au dictateur, mercredi, 18 mai, lors de leur conversation téléphonique, après que sa lettre à ce sujet remise par son représentant en Afrique centrale, le professeur, Abdoulaye Bathily, soit restée sans réponse de Sassou jusqu'à aujourd'hui.

Pour l'opposition et la très grande majorité du peuple congolais (qui n'a voté le dictateur qu'à 8%), le satisfecit à l'endroit des deux ambassadrices est total. En choeur, elles leur disent : « Continuez ! ».

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