CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou Nguesso, « l'homme de paix » qui est plus fort que le ciel et la terre

Le « médiateur international de la crise centrafricaine », n'est pas resté longtemps sans emploi. La bonne élection présidentielle centrafricaine l'ayant mis de facto au chômage, il est invité à appliquer, à lui-même et à son propre pays, le Congo, les médications utilisées, hier, pour asseoir la paix et la tranquillité en Centrafrique. Réconciliateur chez les autres et tueur de ses propres compatriotes, uniquement, pour conserver le pouvoir par la force ? Voilà l'image que Sassou offre à la communauté internationale.

Le successeur auto-désigné du patriarche Omar Bongo qui s'occupait (avec maestria) des dossiers de paix de la sous-région de l'Afrique centrale, a beau cacher son naturel, celui-ci reprend, toujours, le dessus : le sang, le sang, le sang, etc. Voilà ce que Sassou est en train d'infliger, une énième fois, à son peuple, avec la complicité d'une communauté internationale, soumise aux diktats de ce dictateur, et, totalement, dépassée par les événements. Ban Ki-moon qui dit avoir un représentant personnel en Afrique centrale, le Sénégalais, Abdoulaye Bathily, peut-il expliquer à quoi il sert ?

Après s'être compromis au Burundi, chez Pierre Nkurunziza (avec la main de Sassou derrière), le voilà en flagrant délit d'incompétence notoire chez le même Sassou. Si Ban Ki-moon était un tant soit peu respectueux des Africains, il rappellerait son collaborateur. Le Congo n'a pas besoin des Nations-Unies pour connaître le pire. Il a, déjà, touché le fond.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Sassou a maquillé une attaque d'une de ses nombreuses milices qu'il essaie de faire passer pour une tentative de coup d'état. Celle-ci était partie des quartiers Sud de Brazzaville pour brûler des commissariats, une mairie, quelques édifices et bâtiments publics avec plusieurs morts d'hommes, à la clé. Aucun connaisseur n'a eu de mal à y voir la main cachée du dictateur. Il a, toujours, agi, ainsi, par le passé. C'est son mode opératoire. Cette fois, son objectif est de terroriser par le crime (toujours le sang) dans le seul but de reprendre la situation du pays en main qui est en train de lui échapper. Comme en 1997, 1998 et 1999, il est prêt à brûler le Congo, tout le Congo, pour rester président de la République. Voilà « l'homme de paix » qui court depuis quelques jours après des lettres de félicitation de chefs d'Etat.

Ce mardi, 5 avril, il a continué à dérouler son plan : bombardement des localités de Mayama et Soumouna, dans le département du Pool. On dénombrerait plusieurs morts et des blessés et beaucoup de biens détruits. Depuis quelques heures, ses chars et blindés encerclent les domiciles des anciens candidats à la présidentielle, André Okombi Salissa et Jean Marie Michel Mokoko. En attendant d'aller vers d'autres... Il a profité du désordre provoqué, en connaissance de cause, pour faire proclamer sa « victoire » finale à l'élection présidentielle par la Cour constitutionnelle. Les Congolais avaient plutôt à cœur de se sauver de ses tueries.

Le Congo n'est pas coupé du monde. Les diplomates en poste à Brazzaville voient ce qui se passe et rendent compte à leurs capitales respectives.

Sassou (comme on l'a souvent décrit à afriqueeducation.com) est un dictateur, au sens plein du terme. Heureusement pour l'Afrique, cette forme de dictateur est en voie de disparition. Il a réussi à domestiquer le Congo, et à en faire sa chose.

Cela dit, malgré son activisme actuel pour imposer une paix dans le sang, le dictateur est loin, très loin, d'avoir gagné. Il n'aura pas, cette fois, le dernier mot. Il le sait au fond de lui-même, que tout ce qu'il entreprend, aujourd'hui, lui sera reproché demain. Et qu'en continuant de tuer et de confisquer la démocratie comme il le fait, il alourdit son dossier. Il a beau être plus fort que le ciel et la terre réunis, sa fin (politique) est pour bientôt.

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