CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou Nguesso menace d'« expulser » Paulin Makaya

Ce n'est pas de la rigolade. Sassou est coutumier du fait. Quand un Congolais l'empêche de tourner le pays en rond, il l'« expulse » comme s'il n'était pas congolais comme lui-même. Qu'on se souvienne de la rocambolesque « expulsion », en 2014, de la journaliste congolaise, Sadio Morel-Kanté, à qui la France venait d'accorder l'asile politique. Sassou l'a bien fait partir de son pays, le Congo, à 2 heures du matin, en la forçant à monter dans un avion de la Royal, avec pour destination, Bamako.

Plus loin de nous. En 2001, alors que Sassou se disait « homme de paix », « pacificateur et réconciliateur suprême » du Congo, Bernard Kolelas, arrivé par la compagnie, Air Afrique, à Kinshasa, n'avait-il pas été interdit d'entrer au Congo-Brazzaville où il voulait, aussi, participer au dialogue ? Il s'avère que dans cet avion, à côté de Bernard et de Ma Ngudi, sa tendre épouse, se trouvait, également, un certain, Paulin Makaya, le fidèle de toujours du Vieux.

Paulin Makaya a bien appris les leçons de son Maître, qu'il applique, aujourd'hui, à la lettre. Des leçons de mobilisation et de stratégie politique, qui donnent de véritables insomnies à Sassou. Ces derniers temps, le dictateur songerait, sérieusement, selon diverses sources, à « expulser » Makaya, pour avoir, enfin, la paix. Et peut-être le sommeil. Car parlant de Paulin Makaya, l'entourage de Sassou dit : « Il ne veut pas l'argent qu'on lui propose ». « Il refuse d'être ministre. Même ministre d'Etat ». « Il veut quoi ? ». Réponse de Makaya : « La place de Sassou » !

Denis Sassou Nguesso se lamenterait d'avoir été abusé, voire, trompé par ses collaborateurs. Ceux-ci n'arrêtaient pas de lui dire que le référendum était dans la poche, et que le vote se passerait comme une lettre à la poste. Le résultat final le met, aujourd'hui, dans tous ses états, avec une communauté internationale qui a fini par s'apercevoir de son extrême impopularité.

Paulin Makaya dont la résidence a reçu une expédition punitive de 150 gendarmes et policiers militaires, jeudi dernier, se sait dans le collimateur de Sassou, qui lui reproche de refuser de « négocier » avec lui. Comme s'ils n'avaient pas mangé depuis plusieurs jours, les 150 bras armés de Sassou sont allés jusqu'à vider sa réserve à vivres, son congélateur et son garde à manger, après avoir pris soin d'emporter ordinateurs et disques durs du parti UPC (Unis pour le Congo).

Deux jours, plus tard, ayant constaté que Makaya vit, maintenant, dans un lieu sûr, il l'a convoqué aux renseignements généraux. Le procureur est, donc, invité par l'opposant à déposer une plainte en bonne et due forme, afin qu'il y réponde avec son pool d'avocats (en constitution) et des représentants des droits de l'homme. Du moins, ceux que Sassou n'a pas encore mis dans sa poche.

En attendant de rencontrer, aussi, le représentant du PNUD au Congo où sa demande d'audience, n'est, toujours, pas honorée.

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