CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou retarde la venue de Bathily de 24 h pour gagner du temps

L'arrivée, à Brazzaville, de l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique centrale, le professeur, Abdoulaye Bathily, qui était prévue, ce vendredi, 23 octobre, a été retardée, au samedi, 24 octobre, en début d'après-midi. Pour l'heure, on n'en connaît pas les raisons, mais on soupçonne Sassou Nguesso d'en être à l'origine, pour se donner un temps supplémentaire afin d'asseoir la fraude qu'il a planifiée.

C'est ainsi que dans la matinée de ce vendredi, 23 octobre, Philippe Mvouo, le président du CSLC (Conseil supérieur de la liberté de la communication), a envoyé une escouade de gros bras pour emporter tout le matériel de diffusion radio et télé de la Radio Forum des droits de l'homme de Me Maurice Massengo Tiassé. Radio Forum des droits de l'homme sera donc muette pendant le référendum. Deuxième vice-président de la Commission nationale des droits de l'homme, Me Tiassé a échappé, lui-même, à l'arrestation programmée, à cette occasion, juste parce qu'il n'était pas présent sur les lieux.

Selon plusieurs sources, le général, Jean-François Ndengué (notre photo où il est avec Elie Smith, journaliste camerounais de la chaîne DRTV expulsé du Congo en 2014 sur ordre de Sassou), homme de main du sécurocrate suprême, Jean Dominique Okemba (neveu de Sassou Nguesso), est devenu la terreur de Brazzaville. L'évocation de son seul nom suscite la peur. Bien que directeur général de la police, il préfère se servir de sa propre milice privée, pour commettre des impairs auprès de la population sans arme. Sa milice privée, qui est un résidu de combattants de la guerre de 1997 sous le triste commandement de Willy Matsanga, décédé, en octobre 2014, à Orléans, et proche du général, Pierre Oba, ancien ministre de l'Intérieur et lui aussi parent de Sassou, fait la pluie et le beau temps à Brazzaville sans aucune crainte. En effet, le patron de la police régulière est, également, le patron de la dite milice. D'ailleurs, celle-ci, bien que privée et non officielle, porte des t-shirts sur lesquels on peut lire « Police ». Elle est accusée de plusieurs assassinats depuis le début de la campagne référendaire, sans que cela n'émeuve ni le procureur de la République, ni Sassou Nguesso (« l'homme de paix »), réfugié à Oyo, d'où il observe les événements, qu'il a suscités, après avoir pris le soin de planquer sa propre famille à l'étranger. Donc, hors de danger.

Pour revenir à Jean-François Ndengué, lui-même, il donne le bon exemple. Mercredi, 21 octobre, il a fait une descente, à Massina (Makélékélé) où il y avait une foule compacte de manifestants. Dépassé par les événements, il a sorti son arme, selon les témoins, et tiré, tuant illico presto une fille de 14 ans. Stupeur générale. Au moment où son père qui était avec elle, a voulu récupérer le corps, le général Ndengué s'y est, fermement, opposé et a embarqué et le corps de la fille, et le père de la défunte, vers une direction inconnue. Jusqu'à ce jour, personne n'a des nouvelles de cet enlèvement et Ndengué se garde bien d'en parler.

Ainsi va la vie dans le très démocratique Congo-Brazzaville, où après 32 ans passés à la tête de l'Etat, Sassou Nguesso veut passer en force, dimanche, 25 octobre, pour légaliser une présidence à vie, dont ne veulent pas entendre parler les Congolais.

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