CONGO-BRAZZAVILLE : Un Sommet tripartite qui fait la force du seul dictateur Sassou

Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, a convié, samedi, 9 décembre, à Brazzaville, ses homologues de la RDC, Joseph Kabila, et de l'Angola, Joao Lourenço, pour un Sommet tripartite au contour très flou. Le communiqué final, lui-même, est resté évasif et ne renseigne pas vraiment sur les raisons véritables de cette concertation au sommet des trois chefs d'Etat. La raison de celle-ci est que Sassou cherche à se barricader. Après avoir rencontré de sérieuses difficultés pour entrer en contact avec le nouveau pouvoir à Paris alors que la situation financière et politique (même dans son propre camp), ne fait que se dégrader, il entreprend de serrer les rangs autour de lui dans l'espoir que l'union fera (sa) force si jamais il se retrouve en danger. Il s'agit donc d'un Sommet du « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Le dictateur a, désormais, peur de son ombre. Il n'a plus confiance en personne, et voit les velléités de coup d'état à son encontre, partout. C'est ainsi qu'il vient de mettre en résidence surveillée Norbert Dabira, le dernier général 4 étoiles, qui lui était proche et qui avait participé, avec lui, au massacre des 353 du Beach de Brazzaville. Il est reproché au général Dabira d'être un peu trop en contact avec le général Nianga Mbouala, patron de la garde présidentielle. Dabira et Nianga sont, tous deux, de solides barons du régime Sassou au même titre que les Okemba, Obara et autres Ndenguet. Au regard du déroulement des récents événements, le patron de la garde présidentielle, le général, Nianga Mbouala, serait-il le prochain sur la liste du dictateur, qui ne sait plus à quel saint se vouer ? C'est pourtant Nianga qui le garde nuit et jour. Pas Okemba, ni Ndenguet en encore moins Obara.

Si la situation se dégrade encore plus, le dictateur ira-t-il se réfugier auprès des siens à Oyo comme il en aurait envie ? Là bas, au moins, il sera loin de Brazzaville la turbulente.

A Brazzaville, justement, il a convié, samedi, 9 décembre, un mini-Sommet avec ses homologues de la RDC, Joseph Kabila, et angolais, Joao Lourenço (notre photo). Si Lourenço, récemment, arrivé au pouvoir, en août 2017, dirige un pays qui dispose d'une armée solide et disciplinée, il n'en est pas de même de Sassou qui a perdu le contrôle de la sienne.

Quant à Joseph Kabila, qui aurait dû quitter le pouvoir en décembre 2016, et qui y reste en défiant son peuple et la communauté internationale, il est, aussi, prêt à tenir la queue du serpent pour ne pas se noyer. C'est donc dire que les deux cas congolais sont désespérés, d'où le mini-Sommet (à la va vite) de Brazzaville.

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