CONGO-BRAZZAVILLE : Vers une présidentielle en mars 2016 avec Clément Mouamba comme premier ministre

Denis Sassou Nguesso ne sait plus sur quel pied danser. Après avoir fait voter, de la façon qu'on sait, sa constitution du 25 octobre, et l'avoir promulguée le 6 novembre, il se retrouve, aujourd'hui, dans une situation d'impasse, avec un pays de plus en plus ingouvernable, totalisant deux constitutions, celle de janvier 2002 étant, toujours, en vigueur. C'est du jamais vu nulle part dans le monde.

Mais cette situation ne saurait durer trop longtemps. Evaluant les difficultés à venir, il compte, surprendre les Congolais, en leur annonçant, dans son discours de fin d'année, une présidentielle anticipée, courant mars prochain. Il aura gagné quatre mois s'il avait respecté la durée légale de son mandat qui court jusqu'en juillet 2016, mais compte tenu de la volatilité du climat politique national, trop risqué, même pour un dictateur sanguinaire comme lui, mieux vaut anticiper que d'être anticipé.

On comprendra que ce calendrier ne va pas être réaménagé pour quelqu'un d'autre. Le dictateur compte bel et bien se représenter, en mars 2016, pour se succéder à lui-même. Après avoir observé la tiédeur de son opposition, ce qui l'arrange, énormément, il va passer à cette étape cruciale, encouragé par les durs de son camp, au premier chef desquels, on compte un certain Emamnuel Yoka, ministre de la Justice.

Il a fait miroiter le poste de premier ministre à Martin Mberi et à Bernard Tchimbabelela, tout compte fait, il va mettre sur orbite, son petit et ancien conseiller économique, Clément Mouamba.

Sassou Nguesso, selon certaines sources, aurait eu l'aval du président français, François Hollande, de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du Congo. En contrepartie, la compagnie Total, qui a invité Sassou Nguesso, hier, à Pointe Noire, pour l'inauguration d'un nouveau gisement, a pu, considérablement, conforter ses positions au Congo. Grâce à cette politique du gagnant-gagnant d'un genre nouveau. Sassou qui aurait financé l'organisation de la COP 21 pour près de 30% (chiffre jamais démenti) a, bien déjeuné avec la ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, en marge de sa participation à la COP 21. A défaut d'avoir Hollande, lui-même, le dictateur congolais s'est contenté de Ségolène, qui est son ex-compagne.

A cause des massacres et tueries qu'il a perpétrés, dans le passé, sur la population, les Congolais d'un certain âge (pas la jeunesse) préfèrent, plutôt, éviter « le diable » qui en profite pour faire du n'importe quoi au Congo. La preuve, le pays est bien le seul au monde à être régi par deux constitutions. Qui dit mieux ?

De leur côté, les parents du président ont fait main basse sur toutes les ressources du pays. Les détournements de fonds sont sans limite, au Congo, et c'est du sauve qui peut dans le vol comme si personne ne veut regretter demain de ne pas s'être enrichi quand l'occasion s'y prêtait. Même Cédric Ondaye Ebauh, qui est à la tête de la banque centrale, s'en plaint. On va jusqu'à constater des détournements massifs des séries entières de nouveaux billets émis par la banque centrale. Un vol sans limite. A cela, il faut ajouter de la fausse monnaie. Un haut gradé congolais, actuellement, en détachement, à Bangui, est, vertement, accusé de s'adonner dans la planche à billets. Un sport favori pour lui. Il disposerait, dans sa résidence au Congo, des chambres remplies de faux billets jusqu'au plafond. Gare aux termittes !

Il y a aussi ces salaires fictifs que Sassou paie à certains Nordistes civils comme militaires (notre photo), pour tenir leur bouche, ce qui arrange ses affaires. Gilbert Ondongo serait bien au courant de l'existence d'un fichier parallèle mais n'en dit mot. Au nom de la sauvegarde du clan.

Les indicateurs économiques sont tous en berne à cause de la chute drastique des revenus pétroliers. Cette chute risque de se poursuivre avec le retour de l'Iran dans le circuit mondial de production et de commercialisation.

Conclusion, Sassou est (franchement) très fort pour arriver à diriger le Congo comme une petite épicerie de quartier. Il ne rend compte à personne. Personne ne lui dit rien non plus. Il fait ce qu'il veut du pétrole congolais. Ceux qui élèvent la voix dans l'opposition, comme Paulin Makaya, sont, immédiatement, mis en prison, sans réaction du reste de l'opposition.

Au sein de la majorité présidentielle, on préfère ruminer sa colère, en silence, loin des yeux et des oreilles du dictateur. Le premier mécontent, est bien, Pierre Ngolo, le président de cette majorité présidentielle et secrétaire général du PCT, encore pour quelques semaines, car Denis Christel Sassou Nguesso, un des nombreux fils du dictateur, devrait le remplacer, pour boucler la boucle.

Bienvenu Mabilemono

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