CONGO : Le dictateur a arrêté Okombi Salissa ce matin à Brazzaville

Pour une fois, Radio Trottoir a dit vrai. Tout comme les réseaux sociaux, qui annoncent, depuis ce matin, l'arrestation d'André Okombi Salissa (AOS). Le dictateur qui avait mis toutes les polices et toute la gendarmerie du Congo-Brazzaville à ses trousses, sait, pertinemment, qu'il lui est, formellement, interdit de toucher un seul de ses cheveux, sinon, ce serait la foudre : son propre clan subirait de sérieuses représailles, à défaut de lui-même. La paix au Congo ne tient qu'à un fil. AOS n'est pas seul dans ce cas de figure : Paulin Makaya, Modeste Boukadia, le colonel Marcel Ntsourou et le général Jean Marie Michel Mokoko, pour ne citer que ceux-ci, sont, directement, sous la surveillance du peuple congolais. Aucun de leur cheveu ne doit manquer sur la tête. Le dictateur sait qu'il peut vaincre son (dynamique) peuple un temps. Mais, il sait, aussi, et surtout, qu'il ne peut le vaincre tout le temps. A un moment donné, même ses fétiches qui dirigent le Congo-Brazzaville, perdront leur boussole.

AOS avait accordé une interview très courue à votre magazine préféré, il y a un mois. On la mettra en ligne prochainement. Une surprenante sortie qui a redonné du punch aux Congolais qui n'avaient plus de ses nouvelles depuis la présidentielle de mars. Il y affirmait être de retour, toujours, prêt pour la lutte, n'abdiquant, jamais. Sassou, peureux comme un rat d'église, a, immédiatement, perdu le sommeil. Conséquence : il réactivé, de plus belle, ses services. Beaucoup d'argent aurait été mis sur la table.

AOS aurait été arrêté, vers 4 heures du matin (3h00 GMT), dans le quartier Diata. Après une année de cavale. Il occupait un petit studio dans l'arrière cour d'une parcelle qui appartient, vraisemblablement, à un ancien militaire originaire de Lekana, comme lui-même.

Selon nos sources, il aurait été repéré à cause de l'utilisation de son téléphone satellitaire par les services secrets. De quel pays ? Probablement, les Israéliens qui ont assisté les éléments de la DGSP et de la GR. Ils sont arrivés, à Brazzaville, il y a quelques jours, avec comme mission, de décrypter ses communications. Le pasteur Ntoumi est, aussi, dans leur collimateur. A la demande du dictateur. Une fois AOS détecté, les éléments de la DGSP et de la GR ont escaladé la clôture avant de mettre la main sur lui. Il leur a, lui-même, ouvert la porte et leur a dit « Bonjour Mes Frères ». Il s'est, par la suite, rendu sans opposer la moindre résistance. Il est, actuellement, cuisiné à la DGST. L'arrestation d'AOS rappelle celle de Jonas Savimbi en 2002, et puis, son assassinat, par la suite. Une technologie, que n'avait pas l'armée angolaise mais qui avait permis de localiser l'ancien leader de l'Unita, grâce à l'assistance des Américains, qui avaient, facilement, localisé le lieu où il avait planté sa tante pour passer la nuit, en pleine forêt. Encerclé par les soldats du régime, il avait refusé de se rendre et a livré bataille jusqu'à la mort.

AOS qui a perdu son petit frère, Roland Ngambou, le 22 décembre dernier, va rejoindre Mokoko, Ntsourou, Boukadia et Makaya, en prison. Ainsi, donc, va la vie politique au Congo : « réconciliateur » en chef en RCA, en RDC et en Libye, dictateur (intouchable) qui met tous ses opposants en prison et leur prive de soins adéquats, à l'intérieur. Toute cette farce, au vu et au su de la communauté internationale où l'Américain Obama et le Français Hollande, vont, piètrement, quitter la scène politique internationale, en étant considérés, en Afrique, comme les plus grandes déceptions de ces dernières décennies.

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