COOPERATION SUD/SUD : Que vont faire l'Angola et le Togo ensemble ?

Le Togo et l'Angola sont deux pays africains frères qui s'estiment et se respectent mutuellement. Pendant le long conflit qui l'a affecté, pendant un quart de siècle, l'Angola en proie à une rébellion sans nom, comptait deux grands leaders politiques : l'ancien président, José Eduardo dos Santos, et le leader de l'Unita, feu Dr Jonas Savimbi. Le premier entretenait de bonnes relations avec l'ex-Union soviétique et les démocraties populaires de l'Europe de l'Est, tandis que Jonas Savimbi, lui, centrait ses amitiés dans le camp occidental. C'est ainsi que ce dernier s'entendait bien avec les dirigeants africains du camp modéré auquel appartenait l'ancien président du Togo, le Sage, Gnassingbé Eyadèma. Mais, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts : le Togo et l'Angola ont, aujourd'hui, à leur tête, deux nouveaux dirigeants (éclairés) qui ont décidé, de commun accord, de solder ce passé idéologique, et de bâtir un nouvel avenir. C'est la raison de la visite de travail du ministre angolais des Relations extérieures, Manuel Domingos Augusto, au Togo, les 18 et 19 avril, où il était porteur d'un message de son président, Joao Lourenço, à son homologue, Faure Gnassingbé.

Au cours de cette visite, le ministre angolais a échangé avec son homologue togolais, le professeur, Robert Dussey. L'objectif est, clairement, affiché : établir et renforcer les relations bilatérales dans les domaines politique, militaire, sécuritaire, économique, technique, social et culturel.

Les deux chefs de la diplomatie ont appelé à l’intensification des échanges commerciaux et économiques devant aboutir à une croissance partagée bénéfique pour les populations togolaises et angolaises. A cet égard, ils ont convenu de la nécessité d’accélérer le processus de création de la grande Commission mixte de coopération Togo-Angola, ainsi que, la signature prochaine d’un accord d’exemption des visas pour les détenteurs de passeports diplomatique et de service des deux Etats.

S’agissant des questions d’ordre international, les ministres togolais et angolais ont réaffirmé leur ferme volonté de renforcer le rôle, les capacités, l’efficacité et l’efficience de la CEDEAO et de la CEEAC en vue de juguler le phénomène de la radicalisation et de l’extrémisme violent sur le continent, et souligné la nécessité de faire face à la menace que représentent ces fléaux.

Le professeur, Robert Dussey, a, notamment, porté à la connaissance de son homologue que des discussions sont en cours entre la CEDEAO et la CEEAC en vue de l’organisation prochaine, à Lomé, d’une rencontre au sommet sur cette thématique qui constitue une préoccupation majeure.

Au cours de l’audience que le chef de l’Etat lui a accordée, le ministre angolais a félicité Faure Essozimna Gnassingbé, président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, pour son implication dans la résolution de la crise en Guinée Bissau qui perdurait depuis trois ans sans solution (notre photo). Le savoir personnel et diplomatique de Faure Gnassingbé a permis le dénouement de la crise dans ce beau pays où un premier ministre consensuel a d'ores et déjà été nommé, en attendant la tenue des législatives en novembre prochain.

Au terme de sa visite, le ministre, Manuel Domingos Augusto, a invité son homologue togolais à effectuer une visite officielle en Angola. Une invitation, immédiatement, acceptée dont la date sera fixée, ultérieurement, par voie diplomatique.

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