CORONAVIRUS : A quand le désengorgement des prisons congolaises par le président Denis Sassou-Nguesso ?

Depuis l'alerte de la pandémie du coronavirus, c'est par dizaines de milliers que les prisonniers ont vu s'ouvrir les portes des maisons d'arrêt en Afrique et ailleurs dans le monde. En France, par exemple, pays-modèle du président congolais et de son gouvernement, près de 11.500 détenus ont, déjà, été libérés sur les 72.600 que comptent les établissements pénitentiaires. Partout, la peur de la propagation du COVID-19, en milieu carcéral, a fini par pousser les autorités à se résoudre à désencombrer les prisons. Sauf dans le Congo-Brazzaville de Sassou-Nguesso ?

Dans ce vaste mouvement d'élargissement, l'Afrique n'est pas en reste. L'Ethiopie a été parmi les premiers pays à désengorger ses prisons, en libérant quelque 4.000 détenus. En Algérie, 5.000 prisonniers ont bénéficié de la grâce présidentielle début avril. Au Niger, le président, Mahamadou Issoufou, a ordonné la libération de 1.540 détenus. Au Cameroun, plusieurs milliers de prisonniers ont été sortis des centres de détention du pays dont un millier de la prison centrale de Yaoundé après une mesure de grâce prise par le président Paul Biya. D'autres pays ont annoncé des mesures de clémence en faveur de leurs prisonniers. On peut citer sans être exhaustif, la Tunisie, le Ghana, le Burkina Faso, la Libye, la Guinée équatoriale, le Kenya et le Sénégal.

Les organisations de défense des droits de l'homme et des personnalités de la société civile encouragent les gouvernements dans cette démarche humanitaire.

D'où vient – il donc qu'au Congo, malgré les nombreux appels à la crainte d'une hécatombe dans les centres de détention, au cas où le coronavirus y migrait, les autorités nationales demeurent - elles indifférentes ?

Le président Denis Sassou-Nguesso, n'en a dit mot, dans son deuxième message à la nation, de ce 30 avril 2020, sur la pandémie, le confinement en cours et la perspective d'en sortir (notre photo).

Ces autorités ont-elles les preuves formelles de ce que les prisons du pays sont des espaces étanches à la pandémie, malgré leur vétusté, leur exiguïté et les risques de la promiscuité à l'intérieur ?

C'est un questionnement auquel, nous, membres de la Ligue congolaise des droits de l'Homme et amis de quelques détenus, nous voudrions des services pénitentiaires congolais, une réponse.

Joseph Ouabari Mariotti

est ancien ministre de la Justice Garde des Sceaux sous la présidence du professeur Pascal Lissouba
Membre de la Ligue congolaise des droits de l'Homme
Membre du parti UPADS.

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