CORONAVIRUS : Concert de désapprobations après la suspension de la contribution américaine à l'OMS

Si la main de celui qui donne est au-dessus de celle qui reçoit, la suspension de la contribution américaine à l'OMS (Organisation mondiale de la santé) risque d'exploser en plein visage de son ordonnateur, Donald Trump. L'histoire de l'arroseur arrosé n'est pas du tout à écarter quand on voit le nombre de marques de sympathie que l'OMS totalise depuis que le président américain a rendu publique sa décision. En effet, les Nations-Unies jusqu'à la Chine en passant par l'Europe, désapprouvent, en choeur, l'annonce par Donald Trump de la suspension de la contribution américaine à l'OMS.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a jugé que "ce n'était pas le moment" de réduire les ressources de l'OMS (sur notre photo avec le patron de l'OMS Tedros Adhanom Gebreyesus). "C'est à présent le temps pour l'unité et pour la communauté internationale de travailler ensemble et solidairement pour arrêter ce virus et ses conséquences graves", a-t-il déclaré.

En Europe, le chef de la diplomatie de l'UE, l'Espagnol, Josep Borrell, "regrette profondément" la suspension de la contribution américaine, écrit-il sur Twitter. "Il n'y a aucune raison qui justifie cette décision à un moment où nous avons plus que jamais besoin de leurs efforts pour contenir et réduire la pandémie du coronavirus."

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, estime, pour sa part, qu'un renforcement de l'OMS est au contraire nécessaire. "Le virus ne connaît pas de frontières. Nous devons travailler en étroite collaboration contre le COVID-19. L'un des meilleurs investissements est de renforcer l'ONU, en particulier, l'OMS sous-financée, par exemple, pour développer et distribuer des tests et des vaccins", a-t-il déclaré sur Twitter.

La Chine, de son côté, a fait part de sa "vive préoccupation" et a exhorté les Etats-Unis à "assumer sérieusement leurs responsabilités et leurs obligations, et à soutenir l'action internationale, contre l'épidémie, menée par l'OMS". Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a, également, déclaré à la presse que la décision de Donald Trump affecterait tous les pays du monde.

La décision est contestée y compris aux Etats-Unis. Patrice Harris, président de l'American Medical Association, l'une des plus importantes associations de médecins et d'étudiants en médecine du pays, a déclaré que cette décision constituait un "dangereux pas dans la mauvaise direction qui ne facilitera[it] pas la défaite du COVID-19". Il a exhorté le président américain à reconsidérer sa décision.

L'élue démocrate, Nita Lowey, qui dirige la commission de la Chambre des représentants des Etats-Unis fixant les dépenses du gouvernement, a estimé que Donald Trump commettait là une erreur. "Le coronavirus ne peut pas être vaincu seulement ici, aux Etats-Unis, il doit être vaincu partout dans le monde", a-t-elle déclaré.

Donald Trump en suspendant la participation des Etats-Unis au budget de l'OMS, qui s'élève à 400 millions de dollars, n'essaie-t-il pas de diluer sa propre responsabilité dans la gestion de cette pandémie ? Alors que les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de morts et de malades atteints de COVID-19, Donald Trump, au départ de l'épidémie, en avait contesté la virulence au point qu'il avait même opposé une fin de non recevoir à la demande pressante du président, Xi Jinping, de coopérer avec son pays dans ce domaine. Il s'était borné à ironiser sur le « virus chinois » pensant que la Chine payerait toute seule la facture de cette terrible maladie.

On se rend, malheureusement, compte que ce sont les Américains qui, au final, paient le prix fort des turpitudes de leur président, qui, au passage, avait abrogé l'Obama Care, privant, ainsi, la possibilité de soins gratuits à plus de 40 millions d'Américains dont beaucoup se comptent parmi les morts actuels.

Trump ne peut donc pas diluer sa propre grosse faute politique et absence de vision, en se réfugiant derrière les erreurs de l'OMS. Même la plupart de ses électeurs républicains ne l'accepteraient pas.

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