CORONAVIRUS : Défendre l’Afrique contre ceux qui veulent lui nuire est un devoir

Pour avoir pris cette position, qui ne relève que du bon sens, ces Africains et Africaines furent immédiatement accusés par d’autres Africains (une infime minorité de complexés et de lèche-cul) d’être “susceptibles à l’excès” ou de haïr l’Occident. L’un d’entre eux, mondialement, connu et reconnu pour ses outrances et retournements de veste (aujourd’hui, il est fier de travailler avec et sous Dramane Ouattara alors qu’il affirmait le 9 juin 2015 ceci : “Une immense peine m’envahit le cœur quand je vois les images de tous ces officiers qui comparaissent. Ce sont des criminels, il faut qu’ils comparaissent. Mais qui jugera les criminels financés par M. Ouattara ? Ceux qui ont tué les Ivoiriens dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 ? Les morts de Monokozohi, les morts de Guitrozon, Duékoué : 800 morts en une seule journée. Et ce sont les troupes de Ouattara qui les ont tués. Toutes les preuves sont là”), se permit même de parler de “panafricanisme d’occasion”, de “négrophilie exaltée” et de “peur atavique”.

Puisqu’il s’est toujours présenté comme un grand intellectuel, puisqu’il adore traiter d’ignorants tous ceux qui refusent de courber l’échine devant la France et d’avaler tout ce qui vient de ce pays, je voudrais rappeler, à l’homme de lettres qu’il prétend être et à l’Ivoirien qui maîtriserait la langue française plus que quiconque, qu’on n’écrit pas : “D’où nous vient cette peur et méfiance à l’encontre de l’homme blanc ?” mais “D’où nous viennent cette peur et cette méfiance…?”, ni “Arrêtons donc de se laisser distraire dans des haines et querelles inutiles” mais “Arrêtons de nous laisser distraire…” Un élève de CM2 de Botro se serait bien gardé de massacrer la grammaire française de la sorte.

Mais notre “savant”, qui ignore pourtant que, dans la conjugaison des verbes pronominaux, le “nous” va avec “nous” et non avec “se”, ne s’arrête pas là. Il va plus loin en trouvant ridicules les patriotes africains qui s’opposent à l’extermination de leurs peuples. La suite nous dira qui s’est vraiment ridiculisé dans cette affaire.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, je voudrais faire remarquer que les propos racistes et insultants de Jean-Paul Mira et Camille Locht ayant suscité une levée de boucliers en Afrique et en Europe, les auteurs de la malheureuse déclaration ne tardèrent pas à s’excuser et à admettre avoir utilisé les mots qu’il ne fallait pas. Ce fut ensuite au tour du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, de “dénoncer l’héritage d’une mentalité coloniale”. Et le patron de l’OMS d’ajouter : “ Ce genre de propos racistes ne fait rien avancer. Ils vont contre l’esprit de solidarité. L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin. L’héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin. Il est honteux et horrifiant d’entendre des scientifiques tenir ce genre de propos au XXIe siècle. Nous les condamnons dans les termes les plus forts.“ Le Parti socialiste français joignit sa voix au concert de protestations. Le 2 avril, son premier secrétaire, Olivier Faure, se fendit d’un tweet disant ceci : “Ce n’est pas de la provocation, c’est tout simplement du racisme. L’Afrique n’est pas le laboratoire de l’Europe. Les Africains ne sont pas des rats.”

Certaines personnes comme le député de la 9e circonscription des Français établis hors de France, M’jid El Guerrab, certains groupes tels que le Club des avocats au Maroc (notre photo) et SOS Racisme, décidèrent, eux, de porter plainte pour diffamation raciale auprès du procureur de la République. Venance Konan, Assalé Tiémoko, Tiburce Koffi et Jean Bonin seraient-ils plus intelligents que toutes ces personnes qui trouvent irresponsables et intolérables les propos de Mira et Locht ? Quand l’indignation et la condamnation sont aussi unanimes, le ridicule n’est-il pas du côté de ceux qui rament à contre-courant dans le seul but de plaire à une France qui en 6 décennies de fausse indépendance n’a apporté que la misère, la désolation et la mort à l’Afrique francophone ? N’en déplaise à ceux qui verront de la violence dans mes mots, je ne puis m’empêcher d’affirmer les choses suivantes : Il faut avoir de la boue dans la tête pour oser traiter de conspirationnistes les dignes Africains qui ont lancé l'alerte contre l'énième crime contre l'humanité qui se préparait contre l'Afrique. Il faut être un homme sans mémoire ni honneur pour défendre des gens qui n’ont jamais regretté l’esclavage, la colonisation, l’assassinat des résistants africains, etc. Il faut être un petit esprit, c’est-à-dire, indigne et médiocre, pour appeler “ignorance et peur atavique” la légitime réaction à l'indécente proposition des deux chercheurs français. Enfin, il faut être complice de ceux qui sous prétexte de vaccination, avaient l'intention de détruire des vies humaines en Afrique pour qualifier de haineux ceux qui sont contre l’extermination des Africains.

En conclusion, à la question de savoir s’il fallait attaquer les propos des deux chercheurs français, sans hésiter, je répondrai par l’affirmative, même si je suis conscient que la dénonciation ou la condamnation ne saurait suffire car il importe aussi d’interpeller les milliardaires et dirigeants africains. Ceux-ci doivent mettre leur fortune et l’argent de l’Etat à la disposition des médecins et chercheurs du continent qui manquent de tout dans les laboratoires et hôpitaux car nous ne pouvons pas toujours attendre que ce soit l’Occident qui vienne nous guérir de ceci ou nous sauver de cela. Nous n’avons pas besoin d’importer des masques de Chine ou d’un autre pays étranger. Nos couturiers peuvent les fabriquer.

Il est temps que les tradipraticiens africains soient mis à contribution dans cette lutte contre le COVID-19. Ceux qui ont été formés à la médecine occidentale auraient tort de négliger ou de mépriser leur connaissance des plantes médicinales.

Jean-Claude DJEREKE
est professeur de littérature à l'Université de Temple (Etats-Unis).

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