CORONAVIRUS : Donald Trump veut profiter de la pandémie pour favoriser un coup d'état au Venezuela

Le Mouvement pour la paix comme son appellation indique, a écrit, vendredi, 10 avril, à Emmanuel Macron, afin qu'au niveau du Conseil de sécurité, il pèse de tout son poids afin que le président américain ne mette pas à exécution sa menace d'intervenir au Venezuela pour déposer le président, Nicolas Maduro.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump évoque la possibilité d’une action militaire contre le Venezuela. Le fait que la préoccupation mondiale actuelle soit tendue vers la lutte contre la pandémie pourrait servir de prétexte supplémentaire à une action de force militaire aventureuse, craint le Mouvement pour la paix.
 
Dans son édition du 2 avril, Le Monde révèle qu’alors que l’armée étasunienne est fortement affectée par la pandémie de COVID-19, Donald Trump a annoncé, mercredi, 1er avril, le lancement d’une vaste opération antidrogue en Amérique latine pour « protéger le peuple américain du fléau mortel des drogues illégales ». Il accuse le Venezuela d’être une plaque tournante de ce trafic.
 
Selon Le Monde, le ministre de la défense, Mark Esper, a précisé que le président Trump avait ordonné le transfert de destroyers, de navires de combat et d’avions de surveillance supplémentaires vers le commandement Sud de l’armée américaine, qui couvre l’Amérique du Sud. L’objectif est clair pour ce quotidien du soir : « Déstabiliser un peu plus le pouvoir vénézuélien, jugé illégitime par Washington depuis la réélection contestée de Nicolas Maduro à la présidence ».
 
La situation est d’autant plus préoccupante et dangereuse que la Colombie a signé un accord de coopération avec l’OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord), qui dispose de bases à proximité du Venezuela.
 
Ainsi donc, en pleine pandémie du COVID 19, alors que le secrétaire général des Nations-Unies a appelé à une trêve générale de tous les conflits pour y faire face, Donald Trump a décidé de déployer des manœuvres militaires agressives à la frontière du Venezuela. Ce déploiement est l’une des plus grandes opérations militaires américaines dans la région depuis l’invasion du Panama en 1989.
 
Le Venezuela, déjà, durement, touché par une crise politique, par des sanctions économiques et le gel de beaucoup de ses avoirs financiers par des banques étasuniennes et européennes, constitue une cible jugée facile par Trump.
 
La politique des USA et du Président D. Trump en cette affaire paraît irresponsable sur plusieurs aspects :
 
1) Les moyens militaires considérables qui sont mobilisés ne peuvent que confirmer aux yeux de l’opinion publique la fausseté du motif allégué par D. Trump et confirmer que ce motif n’est qu’un prétexte comme le soulignent de nombreux titres de la presse internationale.

2) La proposition de D. Trump et des USA d’accorder une prime de 15 millions de dollars pour toute information permettant la capture du président vénézuélien montre à quel point le président des USA n’a que faire du respect du droit international et entend se conduire comme un shérif dans l’arène internationale comme il l’a fait indirectement pour destituer Evo Morales en Bolivie…

3) Irresponsabilité, alors que des milliers de nord-américains continuent à mourir du coronavirus et que leurs besoins en soins de santé nécessitent que tous les moyens financiers, humains, technologiques, soient mobilisés pour éviter la propagation de l’épidémie afin d’éviter une catastrophe humanitaire.

4) Irresponsabilité d’une agression, quelle qu’en soit la forme, qui pourrait conduire à un conflit plus important compte tenu des accords économiques et militaires du Venezuela avec d’autres pays en particulier la Russie et la Chine, sans parler des voisins immédiats de la sous-région comme Cuba (sur notre photo le président du Venezuela avec son armée).
 
Au sein du Venezuela, l’initiative « Joindre les efforts pour surmonter la crise au Venezuela » qui réunit aujourd’hui les signatures de plus de 500 universitaires, militant.e.s, dirigeant.e.s politiques, organisations et citoyen.ne.s vénézuéliens et vénézuéliennes de diverses orientations, appelle à la construction d’accords politiques immédiats et formule des propositions pour affronter l’urgence occasionnée par le COVID-19 et sa potentielle expansion sur tout le territoire du Venezula.
 
Il faut rappeler à toutes fins utiles que Monsieur Guaïdo n’a aucune légitimité malgré le soutien du gouvernement des USA. A cet effet, le Mouvement de la paix demande à Emmanuel Macron (dont le gouvernement a lui aussi reconnu Monsieur Guaïdo comme président du Venezuela) de bien vouloir clarifier la situation de la France en ce domaine en déniant toute reconnaissance officielle de la France vis-à-vis de Monsieur Guaïdo.
 
Conséquence : Le Mouvement de la paix demande au président, Emmanuel Macron, d'utiliser son influence en tant que membre du Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi, comme président d’un Etat membre de l’OTAN pour agir et soutenir les initiatives qui entendent sortir de la crise par le dialogue ; pour obtenir que les USA stoppent leurs manœuvres militaires au large du Venezuela, pour agir afin que les conditions soient réunies pour que le peuple vénézuélien, au-delà de toute pression étrangère, puisse à la fois s’unir pour faire face à la pandémie du virus mais également pour pouvoir trouver des solutions politiques afin de sortir de la crise par le dialogue et la négociation.
 

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