CORONAVIRUS : Edouard Philippe et ses ministres face à une avalanche de plaintes

Le premier ministre, Edouard Philippe, et son gouvernement sont sur la sellette à cause de leur mauvaise gestion du coronavirus. Même si la France aborde, progressivement, son déconfinement avec un succès relatif, depuis lundi, 11 mai, le gouvernement redoute la suite du processus. Les Français, en général, sont en colère contre Emmanuel Macron et le gouvernement. Si le président échappe, pour le moment, aux actions judiciaires des Français, de par son statut, tel n'est pas le cas de ses ministres et de leur chef, qui risquent de payer cher.

Soixante-trois plaintes contre des membres du gouvernement ont été déposées auprès de la Cour de justice de la République (CJR) pour dénoncer leur gestion catastrophique de la crise du coronavirus, selon un décompte annoncé mardi, 12 mai, par le procureur général, François Molins, sur la radio périphérique RTL. Les personnes poursuivies sont le premier ministre, Edouard Philippe, l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn (sur notre photo au moment où elle avait le dossier en main), son successeur, Olivier Véran, le ministre de la Justice, Nicole Belloubet, du Travail, Muriel Pénicaud et de l'Intérieur, Christophe Castaner. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, pour le moment, échappe à ces accusations car il est irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions de président de la République.

On trouve un peu de tout dans ces plaintes, des associations de médecins, mais aussi, des collectifs d'infirmiers et autres personnels de santé. On compte, également, des plaintes individuelles déposées par des personnes après avoir perdu un être cher. On se demande si la France ne risque pas de sombrer dans une crise de régime car c'est du jamais vu, ce qui est en train d'arriver.

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la Commission des requêtes de la CJR, qui va apprécier la suite à leur donner.

Composée de dix hauts-magistrats, la CJR peut "décider soit le classement sans aucune suite soit la transmission au procureur général qui serait alors tenu de saisir la commission d’instruction qui agira finalement comme un juge d’instruction" , a expliqué le procureur François Molins.

Le classement sans suite est, néanmoins, une hypothèse inenvisageable, selon certains spécialistes. La justice ne sera pas seule à connaître de ces cas. Le parlement, dès juin, compte, également, ouvrir une enquête pour savoir, exactement, qui a fait quoi et qui est responsable de quoi dans ce flot d'accusations qui accablent, actuellement, l'exécutif. Et sur ce plan, le sénat ne va faire aucun cadeau à Philippe et à ses ministres.

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