CORONAVIRUS : Emmanuel Macron est celui qui nous complique la tâche en soutenant nos dictateurs

Le lendemain de la demande du Saint-Père, dans son message Urbi et Orbi, de l'effacement de la dette des pays pauvres, le président français, Emmanuel Macron, est allé, lundi, 13 avril, dans la direction prônée par le pape François en demandant, aussi, l'annulation de la dette des pays africains. Le président français venait à la rescousse de son ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui clame, depuis plusieurs jours, la nécessité d'aider, massivement, les pays africains dont les économies, déjà, fragiles vont, sérieusement, être secouées par le coronavirus. Toutefois, beaucoup voient dans la déclaration de Macron la volonté déguisée de soutenir les dictateurs africains qu'il affectionne de manière générale. D'autre part, le président français fait un croc-en-jambe à la Chine dont il est jaloux de la position de choix acquise en Afrique : en effet, la Chine détient à elle toute seule 40% de l'endettement des pays africains. Quand Macron demande l'effacement de la dette publique, la Chine en souffrirait beaucoup plus que tous les autres pays. En outre, le jeune président français pense, secrètement, que la survenue du coronavirus va freiner la fougue des peuples africains qui pressent leurs dirigeants de quitter la zone franc au profit d'une monnaie authentiquement africaine. Il va sans dire que les opérations de réduction, voire, d'annulation de la dette que demande le jeune président, ne peuvent que retarder une telle échéance en Afrique de l'Ouest et du Centre. Cela donnera un peu de répit à Paris qui cherche toujours et encore comment faire échouer cette démarche des Africains. Pour l'opposant congolais, Bienvenu Mabilemono, l'initiative d'Emmanuel Macron n'est pas une bonne affaire pour les démocrates comme lui qui cherchent la chute du régime de Brazzaville avant de retourner dans leur pays. Voici son texte.

"Franchement, de tous les dirigeants occidentaux, Emmanuel Macron est celui qui nous complique le plus l'équation de faire tomber les régimes des dictateurs et de voleurs en Afrique.

Quand il s'agit d'exiger la libération des prisonniers politiques (sur notre photo le général Jean Marie Michel Mokoko menacé de COVID-19 dans la prison de Brazzaville, ndlr), pour ça, il ne montre pas la même excitation et le même enthousiasme que lorsqu'il s'agit de voler au secours des régimes en place sous le fallacieux prétexte d'aider les peuples africains.

De qui se moque-t-on ?

Quelle est la meilleure façon d'aider les peuples africains ? Est-ce de voler au secours des régimes qui volent et tuent depuis des décennies ou, au contraire, de permettre à ces peuples de chasser ces régimes dictatoriaux et corrompus" ?

Bienvenu Mabilemono
Opposant au régime de Denis Sassou-Nguesso exilé en France

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