CORONAVIRUS : Quand Sassou-Nguesso transforme le Congo-Brazzaville en pays-cobbaye des Israéliens

Le dictateur (5 étoiles) joue les équilibristes. Quand il donne aux Arabes, il fait très attention pour en donner aussi aux Juifs. Objectif : ne pas faire de mécontents. Pour ceux qui se posent des questions, on leur explique : le Qatar, sans parler des autres pays du Golfe, investit dans le pétrole et le gaz chez le dictateur. Les Israéliens, eux, sont dans le système sécuritaire de ce dernier, mais aussi ailleurs...

Si les Arabes proposent leur savoir-faire sur les questions énergétiques au Congo-Brazzaville, les Juifs, eux, mettent en avant leurs connaissances dans le domaine scientifique et technique. C'est ainsi que le dictateur a accepté de faire de son pays, un terrain d'essai des traitements anti COVID-19 pour le compte de l'Etat juif. En silence. Ni vu ni connu. Sauf que Israël étant un pays démocratique dans tous les sens du terme, cette affaire, en pleine formation d'un autre gouvernement Netanyahu avec ses méthodes contestées, a éclaté en plein jour. Une télévision israélienne, i24 News (propriété du Français Patrick Drahi) a révélé, avant hier, que l'Etat hébreu fait des essais anti COVID-19 au Congo-Brazzaville.

Malheureusement pour le dictateur (qui aurait encaissé de substantiels avantages à ce sujet), les choses ne se passent pas au mieux. Car cet essai aurait déjà coûté la vie à 14 Congolais … plus sa place comme présentateur du 20h00 à Télé Congo (Télévision d'Etat) et membre du cabinet du ministre de la Communication au journaliste Rocil Otouna. Ce dernier, le plus naturellement du monde, pendant sa dernière édition il y a quelques jours avant d'être suspendu le lendemain de l'antenne, a justement demandé pourquoi la belle Jacqueline Lydia Mikolo, ministre de la Santé publique, refuse l'accès de la presse aux malades COVID-19 ? Sassou depuis son vaste domaine de Mpila s'est senti offensé. Résultat : Thierry Moungala, le ministre de la Communication, a sévi en éloignant Otouna de l'antenne. L'affaire ne s'est pas arrêtée là : vendredi, 8 mai, soir, dans le 20h00 de Télé Congo, on a vu comment le savon OMO lave plus blanc avec une séquence du journal de i24 News qui avait annoncé la mise en place de ces essais cliniques anti COVI-19 au Congo-Brazzaville, avant de démentir, en criant à la désinformation.

Ce test israélien, qui commence à provoquer l'hécatombe (14 morts déjà au bas mot) a pesé dans la décision de Sassou d'appeler en catastrophe son homologue malgache, Andry Rajoelina, à la rescousse. Au moment où le fait de transformer les pays africains en terrain d'expérimentation des traitements des firmes occidentales, ne passe plus dans l'opinion, le mauvais jeu de Sassou avec ses amis de Tel Aviv aurait pu lui coûter cher. A Brazzaville comme à Kinshasa (où on en sait quelque chose) et ailleurs en Afrique, personne ne badine plus avec les réseaux sociaux, qui peuvent faire tomber un gouvernement, même le plus puissant. Le Covid-Organics d'Andry Rajoelina va sans doute atténuer les effets dévastateurs de ce mystérieux produit israélien dont on ignore encore le nom.

Un conseil au dictateur (5 étoiles) : à côté de Brazzaville, l'archevêque de Douala, Mgr Samuel Kléda, fait aussi des miracles avec un traitement qui fait, déjà, recette en Afrique centrale. Lors de sa conférence de presse tenue, vendredi, 8 mai, à Douala, il annoncé avoir guéri "500 malades" avec "0 décès". Son traitement coûte 0 F CFA aux malades, d'où son appel à la générosité publique, l'archevêché de Douala étant débordé de malades COVID-19. Répondant à son appel, un patron de télévision locale proche de Sassou venait de lui faire un don de 50 millions de F CFA pour l'encourager dans ses belles oeuvres, en attendant que l'Etat prenne le relai. En effet, le ministre de la Santé, Manaouda Malachi, lui a promis un appui du gouvernement. Le chef de l'Etat du Congo dispose donc malgré sa foireuse opération avec les Israéliens d'une autre solution de rattrapage au Cameroun. Mais qu'il ne joue plus de sale tour de ce genre aux Congolais.

De manière générale, si le Congo-Brazzaville était une démocratie (au moins im) parfaite, l'Assemblée nationale et le Sénat diligenteraient, dès lundi, 11 mai, une enquête car il s'agit d'un scandale d'Etat assimilable à de la haute trahison.

L'élection présidentielle aura lieu en février-mars 2021 avec comme éternel candidat du PCT, le dictateur 5 étoiles. Il n'est donc pas dans son intérêt de créer des vagues, maintenant, d'autant plus que son refus (maladroit) de libérer André Okombi Salissa et Jean-Marie Michel Mokoko de la prison de Brazzaville, en pleine pandémie COVID-19, est synonyme de vouloir les laisser mourir pour qu'ils ne le battent plus, une nouvelle fois, à la prochaine élection présidentielle, comme c'était déjà le cas en 2016.

Sacré Sassou le rusé !

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