COTE D'IVOIRE : Boycott actif et total du processus électoral en attendant le report de la présidentielle et la tenue du dialogue (texte augmenté)

La RTI (Radio télévision ivoirienne), cette télévision d'Etat qui ne « rassemble » pas contrairement à sa devise a, complètement, passé sous silence, le voyage du président, Henri Konan Bédié, à Accra où il est allé rencontrer, à la demande « pressante » (rappelons-le) du « menteur d'Abidjan » (Alassane Ouattara), le président du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, et le roi des Ashanti, Otumfuo Nana Osei Tutu II. Un tel black out sur cette information qui est sur la bouche de tous les Ivoiriens, n'étonne pas dans la République du « rattrapage ethnique » des Ouattara où le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement, le directeur général de la RTI et la directrice de l'information de la RTI, sont tous des parents (musulmans) du chef de l'Etat.

Donnée en exclusivité par www.afriqueeducation.com, cette information a, finalement, été reprise par plusieurs sites d'information et journaux ivoiriens.

Pendant que les pourparlers se poursuivent dans les coulisses, chaque partie fait comme si de rien n'était. Mercredi, 14 octobre, le « menteur d'Abidjan » a réuni, à Abidjan, ses responsables de campagne dans les 40 localités que compte le pays, pour faire une photo avec chacun d'eux avant de lui remettre la feuille de route de campagne. A quoi cela sert-il alors qu'il sait, consciemment, que la présidentielle sera reportée ?

Mais c'est du Ouattara tout crû, qui dit quelque chose et son contraire, sans se gêner. C'est pourquoi il est considéré comme un menteur chronique.

Du côté de l'opposition, on respecte le mot d'ordre de boycott actif. C'est ainsi que les cartes d'électeurs qui doivent être distribuées, sont purement et simplement brûlées dans plusieurs villes comme Divo, Sikensi, Daoukro, Prikro, M'Bahiakro, Grand Zattry, Issia, Ouellé, et beaucoup d'autres. Dans plusieurs localités, les jeunes de l'opposition commencent à ériger des barricades rendant la circulation très difficile sinon impossible (notre photo). La police et la gendarmerie ne peuvent pas être partout.

Candidat retenu par Ouattara, le président du FPI, Pascal Affi N'Guessan a, carrément, appelé, mercredi, 14 octobre, ses partisans à ne pas retirer leurs cartes d'électeurs et à ne pas prendre part à l'opération de retrait des cartes d'électeurs : « La direction du FPI rappelle à tous les commissaires électoraux, aux militants et sympathisants, qu'ils sont invités à ne pas prendre part à l'opération de distribution et de retrait des cartes d'électeurs », signé Issiaka Sangaré, porte-parole de Pascal Affi N'Guessan.

Au PDCI, c'est le même calme plat. Pas de campagne au niveau des organes de la « Grande Dame ». « Le Vieux » est dans la grande négociation souterraine au nom de l'opposition unie pour le vivre-ensemble des Ivoiriens.

Voici le mot d'ordre du PDCI à ses militants :

"A l’attention des Délégués Généraux du PDCI-RDA,
Dans le cadre de la mise en œuvre du mot d’ordre de la désobéissance civile, doublée des exigences de la plateforme de l’opposition significative, dont la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), il vous est recommandé de boycotter toutes les activités de la CEI, y compris la distribution des cartes d’électeurs.
En termes plus clairs, abstenez-vous de récupérer les cartes d’électeurs jusqu’à nouvel ordre.
Je vous invite à rester mobilisés et être à l’écoute des mots d’ordre du Parti.
Salutations militantes et fraternelles" , Signé Bernard Ehouman, secrétaire exécutif chargé des délégations générales.

Par ailleurs, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, au cours d'un rapide point de presse ce jeudi, 15 octobre, matin, confirment leur refus d'aller à la présidentielle dans les conditions actuelles où Ouattara contrôle tout le processus, qui lui permettrait de gagner par un Coup KO dès le premier tour. Ils invitent, par conséquent, les militants de l'opposition à faire barrage et à faire obstruction au déploiement de la machine de fraude de Ouattara déjà en marche avec la distribution des cartes électorales par la CEI aux ordres. Les militants de l'opposition ont carte blanche pour s'opposer à cette distribution de cartes et à empêcher par tout moyen légal la CEI à déployer son industrie de fraudes. Si troubles ou morts d'hommes il y a (il y en a déjà eu une trentaine), le "menteur d'Abidjan" en sera responsable car la constitution ne lui permet pas de briguer un 3e mandat. Le droit est du côté de l'opposition. A moins que l'armée ne s'invite pour mettre les deux parties d'accord. Ceci n'est plus une hypothèse d'école.

Pascal Affi N'Guessan et Henri Konan Bédié annoncent la tenue d'une conférence de presse avec le reste des leaders de l'opposition, vendredi, 16 octobre, fin de matinée, dans les locaux du PDCI.

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