COTE D'IVOIRE : Guerre fratricide lancée entre Ouattara et Soro

Seul contre tous. Auparavant alliés, Alassane Ouattara, dans un instinct de survie, est obligé de se battre, aujourd'hui, avec ceux qui l'ont fabriqué, hier : Henri Konan Bédié et son PDCI sans lesquels Ouattara n'aurait, jamais, jamais, gagné l'élection présidentielle de 2010 et de 2015 ; Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles (financée par Alassane Ouattara hilmself) pour déstabiliser le pouvoir d'Henri Konan Bédié, sans qui, il n'aurait, jamais, jamais, accédé à la magistrature suprême. Ces deux personnalités incontournables dans la vie politique de l'actuel chef de l'Etat, ont dû se résoudre à l'évidence, après avoir reconnu que Ouattara est tout, sauf un homme de parole. Sous ses faux airs d'homme gentil, toujours souriant, et civilisé, il est d'une fausseté inédite. Pire qu'un caméléon, cette bête qui change de couleurs au gré des situations, il est le genre de personne qui pousserait la jeunesse ivoirienne à ne plus croire à la politique et aux politiciens. Car si c'est cela la politique, autant faire carrière dans d'autres disciplines. Oui, Ouattara salit la politique par une pratique qui devrait faire honte à ses partisans qui disent le soutenir. Les intellectuels ivoiriens et africains ne devraient pas rester inertes, sans voix, devant de tels comportements s'ils veulent que la Côte d'Ivoire, l'Afrique, se tiennent debout. Ouattara est l'exemple même de ce qui doit être condamné en politique. Depuis Paris, Guillaume Soro promet "d'organiser la résistance" à Alassane Ouattara. C'est le moins qu'il puisse dire et faire. Mais, il y a plus grave, à cause de son président, la Côte d'Ivoire est en train de retrouver ses vieux démons. Ce pays redevient le grand malade qu'il avait été pendant une bonne dizaine d'années. Sous nos yeux. Ce qui induit notre responsabilité à tous, Ivoiriens comme Non-Ivoiriens : il faut dire, très fortement, NON, à ce qui est en train de se passer dans le pays de Félix Houphouët-Boigny par quelqu'un qu'on accusait, il n'y a pas très longtemps, de ne pas être Ivoirien, mais, Burkinabé. Par sa façon de faire, il donne, ainsi, raison aux partisans de l'ivoirité.

"Je suis et reste candidat à la présidence de la République", a, cependant, assuré Guillaume Soro dans une interview accordée au Journal du Dimanche (JDD), publiée le 29 décembre. "Je vais organiser la résistance comme le général de Gaulle l'a fait depuis Londres".

L'ex-président de l'Assemblée nationale ivoirienne, toujours député, ex-premier ministre et désormais candidat à l'élection présidentielle qui se déroulera en octobre 2020, a ainsi promis d'organiser la résistance à l'actuel président, Alassane Ouattara, depuis Paris.

Alassane Ouattara, visiblement, paniqué par le regroupement du trio Bédié, Gbagbo et Soro, a oublié qu'il est le garant de la constitution, et que même s'il veut étouffer un candidat gênant, il doit y mettre de la forme. Face à ce trio politique, Ouattara n'a aucune chance de se succéder à lui-même, même avec une CEI qui ne serait composée que de ses propres parents (sur notre photo Soro et Bédié). Soro ne peut avoir des ennuis judiciaires qu'après le feu vert de l'Assemblée nationale (institution qu'il a présidée jusqu'à il y a peu), du procureur de la Cour suprême (il est un ancien premier ministre). Puis, il y a une façon d'y parvenir, qui ne relève pas d'un simple décret signé par le président de la République : il faut voir, étudier, analyser la faisabilité, sinon, la crédibilité du process. Ouattara a beau dire qu'il ne laissera personne piétiner la loi. En fait, il s'adresse à lui-même car c'est le président de la République qui est en train de piétiner la loi. Après avoir vu que son troisième mandat à la tête de l'Etat qu'il veut s'octroyer, n'a aucune chance d'aboutir.

Au passage, l'opposant a accusé le président français, Emmanuel Macron, qui se trouvait en Côte d'Ivoire à la veille de son retour avorté, de ne pas avoir dit "à ses hôtes qu'il était important de respecter la démocratie en Afrique".

"J'espérais qu'un président comme lui ait davantage de courage et la maturité pour le faire", a-t-il lancé, ajoutant : "au nom de contrats juteux, on est donc prêt à fermer les yeux sur le piétinement de la démocratie en Afrique". En effet, outre la question du F CFA, Macron est venu à Abidjan signer de gros contrats : la société française Bouygues a, par exemple, été choisie par Ouattara pour construire le métro d'Abidjan dont le financement sera assuré par le Trésor français, autrement dit, par le F CFA dont la disparition a été actée par les deux hommes politiques lors de ce voyage. Par ce financement, on voit bien que le F CFA ne constitue pas un fardeau, une perte, pour tout le monde. Et quand Ouattara soutient cette monnaie, il sait pourquoi.

Convaincu qu'il ne fera qu'un mandat de cinq ans, comme ces deux prédécesseurs, Emmanuel Macron a jeté, dans la Seine, tous ses grands principes idéologiques, politiques et économiques, qu'il énonçait pendant sa campagne électorale, en 2017. Pressé par les Gilets Jaunes, les syndicats, les infirmières, les enseignants, bientôt, les policiers, etc., il pare au plus pressé pour ne pas laisser une piteuse image comme François Hollande. Voilà pourquoi Guillaume Soro aurait tort de penser que le jeune président dont l'affaiblissement politique, n'est (plus) contesté par personne en France, peut avoir encore le courage politique de faire ce qu'il avait dit.

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