COTE D'IVOIRE : La chute d'IBK au Mali ne favorise pas le 3e mandat anticonstitutionnel de Ouattara (le fourbe)

Alassane Ouattara a peur. Car les Ivoiriens ont découvert son jeu. Les Africains de l'Ouest aussi. Un jeu, excessivement, pervers, qui avait produit en décembre 1999, son premier coup d'état en Côte d'Ivoire. Mais, bien qu'il ait confisqué toutes les manettes du pouvoir des institutions de la sous-région entre ses seules mains, il ne va pas s'en sortir cette fois-ci.

Une illustration : il est le président en exercice de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine, qui regroupe 8 pays utilisateurs du F CFA) depuis la 19e Conférence ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UEMOA, qui s'était tenue le 8 janvier 2016, à Cotonou, au Bénin. Pourquoi confisque-t-il la présidence en exercice de l'UEMOA qui est tournante : un chef d'Etat par an ? Cette organisation n'a-t-elle pas trouvé un autre chef d'Etat pour décharger Ouattara de cette (lourde) responsabilité qu'il assure, sans partage, depuis près de cinq ans ? La confiscation de la présidence en exercice de l'UEMOA s'explique par la volonté de Ouattara de contrecarrer les projets de la CEDEAO (Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) de créer une monnaie commune autre que le F CFA. Cette initiative qu'il combat, activement, avec le discret soutien d'Emmanuel Macron, lui a permis de prendre en otage (depuis 5 ans) la présidence en exercice de l'UEMOA, afin de contrôler la mise en place de la future monnaie de la CEDEAO, et le cas échéant, bloquer ou freiner sa mise en oeuvre. C'est grâce à cette posture qu'il s'est permis d'annoncer la transformation du F CFA en ECO, lors de la visite d'Emmanuel Macron, à Abidjan, le 21 décembre 2019. La déclaration des deux chefs d'Etat fut une véritable surprise car le nom ECO avait, déjà, été choisie comme étant le nom de la future monnaie de la CEDEAO.

Le caractère nuisible d'Alassane Ouattara ne se limite pas seulement à l'UEMOA. Au sein de la CEDEAO, il fait tout pour fausser son bon fonctionnement. C'est d'autant plus facile que son actuel président, Jean-Claude Kassi Brou, Ivoirien comme lui, doit sa désignation, en mars 2018, comme président de cette organisation. L'ingérence de Ouattara dans le fonctionnement de la CEDEAO explique sa piètre gouvernance quand on la compare à celle de son prédécesseur, le très dynamique Béninois Marcel de Souza.

Le dernier exemple en date vient du Mali. Lors du sommet par visioconférence de la CEDEAO le 27 juillet, les chefs d'Etat ont pris des décisions qui ont laissé perplexes les Maliens et les Africains dans la mesure où celles-ci étaient loin (très loin) de répondre au début des exigences du Mouvement du 5 juin. La faute revient au président ivoirien qui avait réussi à contourner le président en exercice de la CEDEAO, le Nigérien, Mahamadou Issoufou. Et comment ? Ouattara agissait masqué derrière (son fameux) Jean-Claude Kassi Brou. Pour preuve, le président, Mahamadou Issoufou, voulait des mesures fortes qui répondaient à certaines préoccupations de l'imam, Mahmoud Dicko, et à ses amis du Mouvement du 5 juin, alors que Ouattara, en cachette, oeuvrait dans l'ombre pour que IBK fasse adopter, pratiquement, toutes ses priorités à lui.

Exemple : alors que IBK refusait de démissionner comme le demandait le Mouvement du 5 juin, il a réalisé l'exploit de faire valider le maintien de son premier ministre Boubou Cissé en poste. Alors que celui-ci devait servir de monnaie d'échange dans les futures négociations entre le pouvoir et le Mouvement du 5 juin. En effet, quand IBK a fait cette proposition de conserver Boubou Cissé comme premier ministre, Alassane Ouattara a validé tout de suite l'idée et a fait à ce qu'on passe à autre chose, forçant, ainsi, la main aux autres chefs d'Etat. On voit le résultat de cette manœuvre aujourd'hui. Car on pense que si la CEDEAO avait sacrifié le premier ministre malien, IBK aurait (certainement) sauvé sa tête avec la désignation d'un premier ministre consensuel, c'est-à-dire, plus neutre et autonome.

Et si Ouattara a joué un rôle aussi détestable, c'est parce qu'il avait sa petite idée en tête par rapport à la Côte d'Ivoire : il lui fallait un Mali stable et sans remous pour faire passer, comme une lettre à la poste, son 3e mandat qu'il avait déjà en tête, le candidat du RHDP, Amadou Gon Coulibaly, ayant rendu l'âme le 8 juillet. Autrement dit, à cette date, il savait, déjà, qu'il allait solliciter un 3e mandat.

Malheureusement pour lui, c'est le contraire qui se produit aujourd'hui avec l'éviction d'IBK du pouvoir (sur notre photo, les barons du régime IBK escaladent comme ils peuvent la barrière de la présidence de la République avant l’arrivée des militaires). Du coup, la colère monte contre la CEDEAO, qui est accusée d'avoir mené une négociation foireuse au Mali. Volontairement pour avantager le seul IBK alors qu'il n'était plus en mesure de tenir les manettes du Mali. Cette situation n'arrange pas les affaires en Côte d'Ivoire et en Guinée de Ouattara et de Condé, qui cherchent coûte que vaille à faire un 3e mandat anticonstitutionnel. Leur coup de force (en préparation ne peut que faire couler beaucoup de sang des innocents) et ne marchera pas dans une sous-région en ébullition comme c'est le cas actuellement.

Ouattara risque donc de perdre le sommeil car la chute du régime d'IBK ne favorise pas ses affaires en Côte d'Ivoire où son idée d'un 3e mandat a déjà provoqué 5 morts et une soixantaine de blessés graves. En effet, les Ivoiriens ont juré que son 3e mandat abusif et anticonstitutionnel ne passera (plus) sur leurs cadavres comme en avril 2011.

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