COTE D'IVOIRE : Le 3e mandat du « menteur d'Abidjan » commence à provoquer de graves troubles dans le pays

Du 9 au 12 septembre, le président, Alassane Ouattara, a effectué une tournée républicaine dans la région du Moronou, qui compte trois départements. Il a multiplié des promesses dans le domaine de l'électrification, des forages d'eau, du bitumage des routes pour permettre l'écoulement des produits vivriers et de rente, des activités des femmes génératrices de revenus et de l'emploi des jeunes. Pendant quatre jours, la région a vibré au diapason de Ouattara et de son épouse. Omniprésente, comme à chaque occasion, cette dernière s'est chargée de la distribution des enveloppes. Cela dit, partout où il est passé, « le menteur d'Abidjan » comme on l'appelle, déjà, de plus en plus, a fait campagne pour sa réélection à ce 3e mandat qu'il sollicite et dont la majorité des Ivoiriens ne veut pas.

Maintenant, la visite d'Etat est terminée. Et les citoyens au lendemain de celle-ci ont repris leurs droits. C'est ainsi qu'à Mbatto, les jeunes, ce matin, marchaient à travers les rues de la ville en criant : « Ici c'est M'Batto. Nous avons accepté la visite d'Etat en tant que bon citoyens. Aujourd'hui est un nouveau jour et nous demandons au président de la République de respecter la loi fondamentale de notre pays en s'écartant des élections pour que vive la démocratie ».

La ville d'Ayaman a, également, connu des manifestations ce matin. Routes coupées, pneus incendiés, voitures brûlées, etc.

A Yopougon, un quartier populaire d'Abidjan, des bus ont été incendiés au niveau du Palais de justice. Des policiers, par ailleurs, ont été tabassés par des manifestants qui ont emporté leurs armes de service.

A Bangolo, des manifestants ont bloqué des routes et prié les chauffeurs des véhicules de retourner à la case départ. Beaucoup de véhicules ont dû rebrousser chemin pour retourner à la ville de Man d'où ils étaient partis. Les camions ont brûlé (notre photo). Toujours à Bangolo, la CEI (Commission électorale indépendante locale) a été mise à sac au point où tout a été détruit, des ordinateurs jusqu'aux installations électriques. Ce soir, on signale les coups de feu qui sont tirés dans la ville.

D'autres villes étaient, aussi, dans le mouvement ce lundi, 14 septembre : Grand Lahou, Danané, Zéo, Songon, etc. et beaucoup d'autres.

Ce qui est décrit ici n'est qu'un échantillon de la révolte des Ivoiriens contre le 3e mandat d'Alassane Ouattara. Selon nos informations, ces manifestations vont monter en puissance, au fur et à mesure, jusqu'au retrait de la candidature du « menteur d'Abidjan ». Ce dernier avait dit à Emmanuel Macron, lors de son déjeuner, que sa candidature était acceptée par la Côte d'Ivoire et que les troubles passés n'étaient que le fruit de l'égarement de quelques-uns.

Pour terminer, signalons que le frère de Guillaume Soro et un député proche de lui, ont été enlevés hier de la polyclinique d'Abidjan où ils étaient hospitalisés pour soins anti-Covid 19. Internés à la MACA depuis de longs mois, ils y ont choppé le coronavirus que les médecins essayaient de traiter. Mais, une expédition envoyée par le pouvoir les a enlevés de cet hôpital et ce, à la barbe du personnel médical ébahi, pour une destination inconnue. Certaines sources expliquent que "le menteur d'Abidjan" entend faire pression sur Guillaume Soro pour qu'il ne pèse pas sur l'élection contre lui.

Depuis hier soir que ce forfait a été réalisé, c'est la guerre des communiqués entre les Soroïstes (qui ont le soutien de toute l'opposition et de la société civile) et les Ouattaristes et les « Microbes » (faiseurs de basses besognes du RHDP).

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