COTE D'IVOIRE : Le pays d'Houphouët ne fait plus rêver les jeunes

La Côte d'Ivoire n'est plus la Côte d'Ivoire. Sous Félix Houphouët-Boigny, le père de la nation (notre photo), en effet, le pays aspirait tout ce que l'Afrique comptait comme cadres (enseignants, ingénieurs, médecins, artistes, etc) de grande valeur. Les conditions salariales et matérielles qui leur étaient proposées n'avaient rien à voir avec ce que ces derniers pouvaient gagner dans leur propre pays. Il n'était, donc, pas question pour les Ivoiriens de solliciter des fonctions dans des organisations internationales. Ils préféraient rester dans leur pays où ils étaient très bien payés. Par la suite, la Côte d'Ivoire a été frappée par la crise. Celle-ci a conduit le premier président jusqu'à la mort, en 1993. Depuis, ses successeurs ont oeuvré pour le redressement économique de ce poumon de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), sans jamais parvenir au « miracle ivoirien » qu'Houphouët avait su façonner.

Il faut ajouter que pendant une dizaine d'années, de 2000 à 2010, la Côte d'Ivoire a vécu une période de crise politique grave, qui a plongé l'économie nationale dans l'abîme. Alassane Ouattara, depuis six ans, essaie de l'en sortir, avec beaucoup de succès. Mais, il y a, encore, de la marge pour atteindre le niveau de la Côte d'Ivoire des années 70.

Conséquence, à l'heure actuelle, le chômage reste le principal mal qui ronge le pays : huit jeunes sur dix rêvent d’aller en Occident, par n'importe quel moyen, même en traversant la Méditerranée à la nage. Samedi, 19 novembre, soir, à Abidjan, Yacouba Sangaré, coordonnateur du Festival Ciné Droit Libre (CDL) dont la huitième édition s’est achevée dans la capitale économique ivoirienne, s'est inquiété de cette situation.

La cérémonie de clôture de ce Festival, qui s’est déroulé, pendant une semaine, à Abidjan et banlieue, sous le thème, «Droit de vivre : Luttons contre l’extrémisme violent et l’immigration clandestine», a été l’occasion pour Yacouba Sangaré de se prononcer sur le phénomène de la traversée de la Méditerranée par des jeunes Africains à la recherche de l’eldorado en Occident.

« Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, huit jeunes sur dix rêvent d’aller en Occident, mais, pas par des moyens conventionnels. Des réseaux de passeurs se développent et malheureusement le voyage est périlleux», a déploré Yacouba Sangaré.

Le pouvoir ivoirien n'est pas insensible à ce phénomène. Malheureusement, il n'existe pas de solution magique pour y remédier.

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