COUP D'ETAT AU MALI : L'Union africaine et la CEDEAO doivent cesser d'emmerder le très courageux peuple du Mali

Au Mali, depuis le 18 août, le pouvoir n'est plus entre les mains d'IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) dont la mal-gouvernance était dénoncée par tout le peuple malien y compris par les députés de sa propre majorité. Son incompétence est symbolisée par deux chiffres : 7 ans de pouvoir, 7 premiers ministres. Une (contre)performance à inscrire dans le livre des records. Heureusement qu'Allah est grand ! Le pouvoir, désormais, est entre les mains du peuple. Ce peuple s'appelle l'armée à travers le CNSP (Conseil national de salut public), le Mouvement du 5 juin, l'opposition et la société civile. Et c'est à ce moment que l'Union africaine vient jouer les trouble-fête, après l'échec patent de la CEDEAO à ramener le calme au Mali. On ne voit pas pourquoi, après avoir été absente (comme d'habitude) pendant que le peuple manifestait sa souffrance et son dégoût de cette mal-gouvernance, dans la rue, l'Union africaine vient, aujourd'hui, fourrer, grossièrement, son nez dans les affaires du Mali, en le suspendant de ses instances et en exigeant le rétablissement d'un pouvoir constitutionnel. De quoi je me mêle ? Il en est de même de la CEDEAO qui est actuellement dirigée en sous-main par Alassane Ouattara via son président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou. La CEDEAO demande le rétablissement d'IBK dans ses fonctions. C'est une totale méconnaissance de la situation qui prévaut au Mali. Mais, une fois de plus, Ouattara est à la manoeuvre. IBK ne retrouvera pas ses fonctions. Y en a marre de contourner les textes de loi à des fins de pouvoir personnel au Mali comme ailleurs en Afrique. L'Union africaine (si elle veut être prise au sérieux un jour en Afrique) doit être à l'écoute des peuples d'Afrique, surtout, quand ils manifestent leur mécontentement à l'endroit d'un pouvoir autocratique. C'est par exemple le cas aujourd'hui en Côte d'Ivoire où Alassane Ouattara, après avoir fait ses deux mandats, veut s'accrocher au pouvoir, en faisant un 3e, puis, un 4e mandat, que le peuple rejette catégoriquement. Le troisième mandat de Ouattara ne passera pas (point). Paroles du peuple de Côte d'Ivoire dans sa majorité. Si l'Union africaine se veut utile, c'est aujourd'hui qu'elle doit intervenir dans ce pays en ramenant Ouattara à la raison, Ouattara qui vient d'interdire les manifestations publiques jusqu'au 15 septembre. L'Union africaine peut le faire par un communiqué public pour prendre date. Si elle ne le fait pas, qu'elle ne s'invite pas demain, en donneuse de leçon, quand la situation aura dégénéré. Car le peuple est décidé à barrer la route au 3e mandat de Ouattara. Message transmis au président en exercice, Cyril Ramaphosa, et au président de de la Commission, Moussa Faki Mahamat.

IBK et le chef du gouvernement, Boubou Cissé, sont entre les mains du CNSP. Ils sont très bien traités, selon une source de ce dernier. Il n'y a donc rien à craindre quant à l'état de leur état de santé et de façon générale, ils ont un bon moral. La perte du pouvoir d'IBK s'est faite sans effusion de sang : 0 mort, 0 blessé. Si le peuple n'adhérait pas et soutenait IBK, il serait venu affronter les militaires pour tenter de le libérer. Mais, étant la première victime de la mal-gouvernance du président déchu, il soutient les libérateurs.

A la demande du CNSP, les Maliens recommencent à vaquer à leurs occupations. La vie reprend son train-train quotidien tandis que la nouvelle gouvernance (provisoire) se met en place.

Il faut que les pays occidentaux et leurs démembrements (Nations-Unies, Conseil de sécurité, Union européenne), encouragent, plutôt, le processus qui est en train de se mettre en place. Il y aura bien des élections pour remettre le pouvoir au civil. Mais pas à la va vite car il n'y a pas le feu. Rien ne presse. Les nouvelles autorités ont le temps de rédiger une nouvelle constitution et une nouvelle loi électorale et d'organiser des élections libres, transparentes et ouvertes à tout le monde. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais, c'est une urgence dans l'agenda des nouvelles autorités. Il faut juste donner (un peu) du temps au temps.

"Nous ne tenons pas au pouvoir mais nous tenons à la stabilité du pays qui nous permettra de réaliser dans des délais raisonnables consentis des élections générales pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes capables de gérer au mieux notre quotidien et restaurer la confiance entre le gouvernement et les gouvernés", a annoncé Ismaël Wagué, chef d'état-major-adjoint de l'armée de l'air et porte-parole du CNSP.

"Le Mali se trouve dans une situation de crise socio-politique, sécuritaire. Nous n'avons plus le droit à l'erreur. Nous, en faisant cette intervention hier, nous avons mis le pays au-dessus (de tout), le Mali d'abord", a, de son côté, déclaré le colonel, Assimi Goita (notre photo). Présenté comme le patron du CNSP, il vient de la région du centre du Mali en prise avec les djihadistes. Son choix à la tête du mouvement n'est donc pas anodin.

Les militaires ont appelé la société civile et les mouvements politiques à "créer les meilleures conditions d'une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles" dans un "délai raisonnable".

Les putschistes ont enfin annoncé la fermeture des frontières et l'instauration d'un couvre-feu, tout en tentant de rassurer la communauté internationale sur ses intentions. "Tous les accords passés" seront respectés, a affirmé le colonel Wagué.

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