CRIMES CONTRE L'HUMANITE : L'heure de vérité pour le président Emmanuel Macron

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a, de nouveau, demandé à la France d'admettre, officiellement, les "souffrances" infligées au peuple algérien sous la colonisation, dans un message à l'occasion des 55 ans, mercredi, 05 juillet, de l'indépendance de l'Algérie.

"Notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d'hier, la France", a affirmé M. Bouteflika dans ce message diffusé par l'agence de presse officielle APS.
"Le partenariat d'exception" dont l'Algérie et la France ont engagé la construction depuis la visite à Alger fin 2012 du président français François Hollande, "gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l'Histoire", a poursuivi le chef de l'Etat algérien.

L'Algérie a par le passé réclamé que la France reconnaisse officiellement ses "crimes" en Algérie et s'en excuse, après 132 ans de colonisation française et une guerre d'indépendance sanglante.

Cette question avait très rarement été soulevée ces dernières années, notamment, depuis que le président Hollande avait le 20 décembre 2012, solennellement, reconnu devant le Parlement algérien "les souffrances" infligées par "la colonisation française", sans, toutefois, formuler d'excuses ou de repentance. Pourtant, il faudra, absolument, sauter ce pas et formuler, clairement, des excuses et la repentance. Indemniser même. Les Algériens n'attendent que ça. Tant que les Français feront de la résistance, les relations entre Paris et Alger seront en dents de scie.

Lors d'une visite à Alger en février, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle française, avait qualifié la colonisation française en Algérie (1830-1962) de "crime contre l'humanité".

En élisant M. Macron, les Français ont "distingué un ami de l'Algérie", avait estimé M. Bouteflika. Une visite du nouveau président français en Algérie a été, officiellement, annoncée mais aucune date n'est fixée.
Ce mercredi, 05 juillet, Abdelaziz Bouteflika, diminué, physiquement, depuis un accident vasculaire cérébral, en 2013, a fait une rare apparition publique en se recueillant, assis dans un fauteuil roulant, à la mémoire des martyrs de la guerre d'indépendance (1954-1962), dans un cimetière de la banlieue Est d'Alger, selon des images diffusées par la télévision d'Etat.

Si l'Algérie agit en locomotive ou en tête de pont, cette revendication qu'elle porte est, en réalité, collective car elle concerne la totalité des pays africains ayant subi de près ou de loin, la colonisation française. Plus précisément l'humiliation française.

La seule différence est que les Algériens ont un tempérament de feu qui leur permet d'afficher, clairement, leur colère devant les Français, alors que les Africains francophones de l'Ouest et du Centre, ruminent, intérieurement, leur ressentiment, sans, toujours, oser l'afficher publiquement. Mais la colère des uns à l'endroit de la France ne dépasse pas celle des autres.

François Hollande ayant déçu sur cette question, Emmanuel Macron y réussira-t-il ?

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