DJIHADISME : L'ONU va enfin s'impliquer dans la lutte contre Boko Haram

« Nous devons intensifier nos efforts », a déclaré la Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Amina Mohammed, lors de cette table ronde à laquelle participaient des délégations de pays du bassin du lac Tchad : Nigeria, Tchad, Cameroun et Niger.

« J'invite tout le monde ici à donner tout le soutien possible pour aider à financer l'appel à l'aide humanitaire de 1,5 milliard de dollars », a-t-elle précisé, avant de remarquer que les besoins humanitaires resteraient « élevés l'année prochaine et au-delà », et qu'un soutien durable était « essentiel ».

La numéro 2 de l'ONU a rappelé que la violence dans le bassin du Lac Tchad était marquée par de nombreuses violations des droits de l'homme, « y compris des attaques contre des civils et des infrastructures civiles » ; que la violence sexuelle y est « généralisée » et que le recrutement forcé de femmes et d'enfants en tant que kamikazes s'y est développé.

« Quelque 83 enfants ont été utilisés comme kamikazes dans le Nord-Est du Nigéria pour cette année, seulement, dont 55 filles, surtout, des mineures de moins de 15 ans », a déploré Mme Mohammed.

Originaire de Maidiguri au Nigéria, « le coeur de l'insurrection Boko Haram », la Vice-Secrétaire générale de l'ONU a affirmé savoir « mieux que quiconque qu'aucun enfant ne naît terroriste. Les enfants et les jeunes sont endoctrinés et radicalisés par des circonstances, des conditions et des influences ».

Elle a rappelé que l'engagement des Nations-Unies dans le bassin du Lac Tchad comprenait « l'action politique, l'aide humanitaire, l'aide au développement, les droits de l'homme, la justice et l'application de la loi, ainsi que, les questions liées à la prévention et à la lutte contre le terrorisme ».

Le conflit de Boko Haram est considéré comme un conflit orphelin. La communauté internationale assiste, sans pratiquement rien faire, pour aider les quatre pays qui y sont affectés. Les quatre pays sont livrés à eux-mêmes. C'est suffisamment rare pour que ça soit souligné alors que le développement de plusieurs dizaines de millions de personnes en est impacté. A cause des exactions de Boko Haram. Lors de son intervention à la tribune des Nations-Unies, pendant cette 72e Assemblée Générale, vendredi, 22 septembre, le président du Cameroun, Paul Biya, a invité la communauté internationale à soutenir les efforts des quatre pays qui luttent, tout seuls, depuis plusieurs années. Les soutiens bilatéraux des grands partenaires extérieurs (Etats-Unis, France, Chine, Turquie, etc.) existent, certes, mais, les Nations-Unies, jusqu'à ce jour, ne se sont pas encore impliquées. Ses moyens sont beaucoup plus consistants que ceux des partenaires bilatéraux. Avec ce début d'implication, on peut dire, mieux vaut tard que jamais. En effet, il était temps.

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