ETATS-UNIS : Donald Trump s'attaque aux immigrés

"Je mets sur pied de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir hors des Etats-Unis les terroristes islamiques radicaux. Nous ne les voulons pas ici", a déclaré Donald Trump (notre photo). Le président des Etats-Unis a annoncé, vendredi, 27 janvier, avoir signé un décret en matière d'immigration prévoyant des contrôles renforcés aux frontières et empêchant les visiteurs venant de certains pays, à majorité musulmane, d'entrer aux Etats-Unis. Samedi, plusieurs associations américaines de défense des droits civiques ont attaqué en justice ce décret.

Qui est concerné ?

En vertu du décret et de ses annexes, les autorités américaines vont interdire, pendant trois mois, l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans : l'Irak, l'Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. A l'exception de leurs ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales. Cependant, il est difficile de savoir, clairement, comme le souligne le Guardian, si seuls les citoyens de ces pays en voyage sont concernés ou si la mesure s'applique, aussi, pour les personnes qui ont, déjà, une permission de vivre et de travailler aux Etats-Unis.
Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui, par millions, le conflit dans leur pays, mais, dont, seulement, 18 000 ont été acceptés aux Etats-Unis, depuis 2011, ils seront, définitivement, interdits d'entrée, jusqu'à nouvel ordre.

Quelles sont les réactions après cette annonce ?

La décision du président américain inquiète. Plusieurs associations américaines de défense des droits civiques ont attaqué en justice le décret de Donald Trump. La plainte contre le président Trump et le ministère de la Sécurité intérieure a été déposée, samedi matin, devant un tribunal fédéral de New York par l'American Civil Liberties Union et d'autres associations de défense des droits et des immigrés. Elles exigent, notamment, la libération de deux citoyens irakiens interpellés, vendredi soir, à l'aéroport J F Kennedy sur la base du décret qui venait, à peine, d'être promulgué.

L'ONU a, rapidement, appelé Donald Trump à poursuivre la longue tradition d'accueil des réfugiés aux Etats-Unis et à ne pas faire de distinction de race, de nationalité ou de religion. Dans une déclaration conjointe, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) ont rappelé que "le programme américain de réinsertion est l'un des plus importants dans le monde".

Du côté français, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a qualifié, samedi, cette signature d'"inquiétante", soulignant que "l'accueil des réfugiés qui fuient la guerre fait partie de nos devoirs". "Mais il y a beaucoup d'autres sujets qui nous inquiètent", a-t-il ajouté. D'autres personnalités ont réagi à l'annonce de Donald Trump. "Les Etats-Unis sont une nation d'immigrés, nous devrions en être fiers", a, par exemple, écrit Mark Zuckerberg, dans un message publié sur son réseau social, Facebook : "Nous devrions garder nos portes ouvertes aux réfugiés, à ceux qui ont besoin d'aide", a-t-il ajouté. 

Mais ça ne s'appliquera peut-être pas. Si ?

Les conséquences du décret commencent, déjà, à se faire ressentir. La firme américaine Google a, par exemple, appelé ses employés en voyage à revenir aux Etats-Unis pour éviter d'être bloqués, comme le raconte la BBC.

Le journal britannique The Guardian raconte, également, que "le comité anti-discrimination américano-arabe parle de personnes qui ont atterri après la mesure et à qui l'on a dit de retourner à leur point de départ", rapporte le quotidien sur son site. Le New York Times cite, aussi, l'exemple de deux Irakiens retenus à l'aéroport J.F. Kennedy, à New York.

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