ETATS-UNIS/AFRIQUE : Pas d'excuses de Donald Trump mais de simples « sentiments chaleureux » aux Africains

De qui Donald Trump croit-il se moquer ? Après avoir qualifié le continent noir de « pays de merde » alors que les chefs d'Etat africains, qui tiendront leur Sommet annuel, fin janvier, à Addis Abeba, ont exigé des « excuses » à la suite de ses propos « racistes », il leur a transmis ses « sentiments chaleureux », par l'intermédiaire du président, Paul Kagame, qu'il a rencontré, ce vendredi, 26 janvier, matin, en marge du Forum de Davos. « Sentiments chaleureux », c'est quoi en langage diplomatique après avoir insulté quelqu'un qui attend des excuses en bonne et due forme, n'est-ce-pas une autre manière de se moquer des Africains ? Trump croit-il être permis de tout dire parce qu'il dirige la principale superpuissance de la terre ? Pense-t-il détenir le droit de vie et de mort et celui d'insulter, parce qu'il est le président des Etats-Unis ? Les Africains, bien que pauvres, ont leur dignité d'homme et en tant que tels, méritent le respect de Donald Trump.

Donald Trump a prié, vendredi, 26 janvier, le dirigeant rwandais, Paul Kagame, président du Rwanda, de transmettre "ses sentiments chaleureux" aux chefs d'Etat du continent, qui s'étaient, récemment, insurgés contre des propos "blessants" attribués au président américain.

L'UA, qui se réunit en sommet les 28 et 29 janvier dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, avait condamné, mi-janvier, les remarques "blessantes" de Donald Trump à l'encontre de plusieurs nations africaines qualifiées de "pays de merde" dans des propos rapportés par des médias. Jeudi, 25 janvier, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, s'est, à nouveau, élevé contre les propos « racistes » du président américain. Il a dit attendra la réponse collective des chefs d'Etat après cette ignominie. Le sentiment est qu'il faut répondre du tac au tac, pour ne pas laisser le sentiment que Trump peut dire ou faire n'importe quoi aux Africains sans qu'ils lui portent la contradiction. S'il se comporte, à l'endroit des Africains, de façon indigne tout président américain qu'il est, il doit, aussi, être traité, par les Africains, de façon indigne. Car il ne vaut pas mieux que ça.

"Je sais que vous (ndlr l'Union africaine) vous réunissez bientôt, et je vous prie de transmettre mes sentiments chaleureux" aux dirigeants africains, a dit le président américain après une rencontre avec son homologue rwandais au Forum économique mondial de Davos (Suisse) (notre photo).

Couvrant son interlocuteur de propos élogieux, Donald Trump a parlé d'une "excellente discussion", "absolument merveilleuse" avec le chef d'Etat africain qu'il a eu le "grand honneur" de rencontrer dans la station de ski huppée.

Paul Kagame a, lui, jugé que l'entretien avait été "bon", ajoutant que les deux hommes avaient parlé d'économie et d'échanges commerciaux.
Le président américain n'a pas répondu à des questions criées depuis la salle pour savoir s'ils avaient évoqué les propos sur les "pays de merde".
Les déclarations attribuées à Donald Trump ont suscité une vague d'indignation mondiale.

Les ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont, par exemple, exigé "rétractation" et "excuses". Le Sénégal et le Bostwana ont convoqué, chacun, l'ambassadeur américain. Et le gouvernement haïtien a, lui, dénoncé des propos "odieux et abjects".

Donald Trump a, dans un premier temps, réagi, comme, souvent, via Twitter, avec une formule alambiquée : "Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés".
"Je ne suis pas raciste. Je suis la personne la moins raciste que vous ayez jamais interviewée", a, ensuite, déclaré le président américain à des journalistes.

Alors que l'expression « Pays de merde » est tout à fait raciste, Trump ose dire qu'il n'est pas raciste. Si tel est le cas, il faudra, alors, trouver une autre définition au mot raciste si Trump ne l'est pas, à moins qu'il ne soit plus très capable de se définir lui-même et de dire qui il est véritablement.

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