FRANCE-ESPAGNE : Après avoir échoué à Barcelone, Manuel Valls bientôt de retour à Evry

C'est le genre de comportement qui fait détourner les jeunes de la politique. Manuel Valls, l'ancien premier ministre français et ancien maire d'Evry, dans l'Essonne, l’homme aux deux nationalités, était parti en 2018 faire carrière en Espagne. Objectif : briguer la mairie de Barcelone, où sa liste, malgré le fait qu'il a épousé une riche héritière espagnole de cette contrée pour se faire adouber électoralement, n’arriva qu’en quatrième position, avec 13,20 % des voix. Une humiliation suprême ! Au lieu de maire, le voilà donc simple conseiller municipal, un poste qui n’est pas à la hauteur de ses compétences ni de ses ambitions. Il songerait, maintenant, à la présidence de la Catalogne. Mais, ici aussi, c’est loin d’être acquis ! Alors, il se rappelle au bon souvenir de la France, la mère patrie. Même pas honte ! Lui répond-on chez la République en marche (LAREM) où il dit être à la (totale) disposition d'Emmanuel Macron.

En pleine campagne municipale à Barcelone, il avait déclaré : « Quoi qu’il arrive, ma vie est ici ». C’était sans doute vrai au moment où il le disait, à moins qu’il ne voulût assurer les électeurs de sa fidélité à l’Espagne. Mais, en bon politicien, il a changé d’avis. Dans un entretien donné au Parisien, il n’exclut pas un retour politique, proclamant son « amour de la France » : « Je n’ai jamais abandonné ou oublié ce pays qui m’a tant donné. Et au-delà de mon amour pour la France, ma seule patrie, je veux dire simplement que si mon retour en politique n’est pas à l’ordre du jour, je ne manquerai jamais d’être utile aux Français ».

Valls ne peut envisager un retour au parti socialiste où on ne l'aime pas et qui lui avait refusé l'investiture au profit de Benoît Hamon en 2017. Sans doute, songerait-il à redevenir député apparenté LAREM, mais là-bas aussi, il n'est pas loin d'être persona non grata.

Très opportuniste comme rares peuvent l'être les hommes politiques de nos jours qui disent être ni de gauche ni de droite, Manuel Valls dit avoir tant de choses à apporter aux Français « par [son] expérience, [ses] prises de position, [ses] réflexions ou [ses] propositions » ! Et de citer, entre autres, « l’Europe, la lutte contre les populismes, l’engagement pour la démocratie, l’esprit républicain »… et même « la laïcité ». C'est ainsi qu'il salue, très opportunément, la stratégie de « reconquête républicaine » du chef de l’Etat, avec qui la mésentente était cordiale quand il était le ministre de l'Economie dans son gouvernement (notre photo quand les deux s'écharpaient sur les bancs de l'Assemblée). Bref, sur tous les thèmes et sujets de société qui mettent Emmanuel Macron en porte à faux avec les Français, il serait prêt à se sacrifier pour la bonne cause en faisant office de boîte à outils, voire, de chef de chantier, si on le sollicite. Quelle abnégation ! Quel esprit de sacrifice ! Quel souci de l’intérêt général ! Sacré Manuel Valls !

Concluons que Manuel Valls ne manque pas d’air, en se présentant ainsi comme un recours. Pas sûr que cela plaise aux Français… ni aux Espagnols d'ailleurs. Comment veut-on faire aimer la politique à la jeunesse avec de tels comportements ? Comme on dit chez les Bantous, Manuel Valls se fiche des qu'en dira-t-il. Puisqu'il est né avant la honte.

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