FRANCE-RDCONGO : Passe d'arme entre Paris et Kinshasa

Le gouvernement congolais a assuré, jeudi, 22 septembre, avoir été "choqué" par l'accusation d'"exactions" contre son peuple lancée par le président français, François Hollande (notre photo recevant le major Etienne Tshisekedi à Kinshasa en marge du Sommet de la Francophonie en octobre 2012), à propos des violences de lundi et mardi à Kinshasa.

"Comme à l'accoutumée, nous avons eu droit à des injonctions comminatoires", a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, à propos des propos tenus par François Hollande, mardi, 20 septembre, à New York.

C'est "à se demander si la RDC (est) devenue un nouveau département d'Outre-Mer issu de nouvelles conquêtes de l'Hexagone", a ajouté Lambert Mende, reprochant au président français de s'être "permis de tirer à boulets rouges" sur le gouvernement congolais "avec des accents de maître d'école".

Lambert Mende a estimé que François Hollande avait fait preuve d'une "compassion" sélective vis-à-vis des victimes de violences ayant fait plusieurs dizaines de morts.
Le président français, a-t-il ajouté, n'a retenu "que l'incendie d'un parti d'opposition, passant sous silence" les incendies de partis de la majorité et les victimes des émeutiers, "allant jusqu'à faire grief à nos forces de l'ordre et de sécurité de réprimer ms criminels"

"Il s'est produit des violences en République démocratique du Congo qui sont inadmissibles, insupportables", avait déclaré mardi à New York le président français.
"Ce qui est incontestable, c'est qu'il y a des victimes et qu'elles ont été provoquées par des exactions venant de l’Etat congolais lui-même", avait ajouté François Hollande.

"Le principal parti d'opposition a vu son siège brûler", avait, encore, dit François Hollande, "dans aucun pays on ne peut accepter de tels comportements, de tels agissements".
La réaction de François Hollande a été très bien reçue par les intellectuels africains. Pour une fois, le président français est sorti de son mutisme, de sa réserve, de sa neutralité, pour condamner une situation intolérable, savamment, voulue par Joseph Kabila, qui cherche, comme d'autres dans la sous-région, à s'accrocher au pouvoir.

Ce que les intellectuels africains souhaitent, c'est que la réaction de François Hollande ne soit pas sélective, et ne se limite pas à critiquer le seul président rdcongolais. On souhaiterait entendre le cri de la condamnation ferme du président de la France, patrie des droits de l'homme, sur le détournement des votes des Gabonais, que Bongo Ondimba Ali cherche à s'attribuer, tout comme, on est à l'écoute de François Hollande pour condamner les multiples dérapages des tenants des régimes au Congo-Brazzaville et au Burundi, deux chefs d'Etat qui ont contourné le verrou constitutionnel, et truqué des élections pour rester au pouvoir. Devant le silence des présidents français et de ses homologues de la communauté internationale.

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