GABON : Après l'échec de son coup d'état, Jean Ping se lance dans la stratégie de « Moi ou le Chaos » !

L'opposant Jean Ping, qui se revendique "président élu" du Gabon, a demandé, ce vendredi, 18 août, aux Gabonais "de se lever comme un seul homme pour marquer solennellement (son) arrivée au pouvoir", franchissant un cap dans sa non-reconnaissance de la réélection du président, Ali Bongo Ondimba, il y a un an : "A partir de ce jour, je ne vous retiens plus", a déclaré Jean Ping dans un "message à la Nation".
Le « président élu » poursuit : "Dans cet esprit, je vous enjoins d'organiser, dès aujourd'hui et sans limite, jusqu'au départ des putschistes, toute manifestation civique conforme aux droits à la libre expression, à la liberté de manifester, et aux droits fondamentaux prescrits par la Constitution", a-t-on pu entendre sur deux chaînes de télévision privées qui lui sont favorables, TV+ et RTN (Radio Télévision Nazareth).

Jean Ping (notre photo) en vient à l'évidence car la réalité le frappe. Après avoir annoncé qu'il rentrait au Gabon prendre le pouvoir, au Palais du Bord de Mer, en juillet dernier, les Gabonais ont bien vu qu'il s'agissait d'un bluff que le pouvoir, lui-même, ne prenait, nullement, au sérieux, le chef de l'Etat, à l'époque, n'ayant même pas jugé utile d'écourter ses vacances, à Marrakech, où il avait tenu à les terminer, montrant qu'il n'avait peur de personne, surtout, pas de Jean Ping. Avec la première dame et leurs enfants, il avait passé près de 17 jours au Maroc. Même pas peur !

Alors que les pinguistes étaient en train de digérer cette contre-vérité de leur leader, le « président élu » a lancé une autre rumeur : Ali Bongo Ondimba ne passera pas le 17 août (date du 57e anniversaire de l'indépendance) au Palais du Bord de Mer. Au sein de la diaspora (où certains Gabonais avaient retenu leur souffle), on allait jusqu'à annoncer l'imminence d'un événement qui allait changer le cours des choses au Gabon. Traduction en langage du makaya : un coup d'état militaire était en préparation.

Mais au final, tout s'est bien passé le 17 août. Le couple présidentiel, le premier ministre, l'ensemble du gouvernement et tous les dignitaires du pays ont bien humé l'air frais du Bord de Mer, pendant trois bonnes heures, en admirant le pas des vaillants militaires, policiers et gendarmes gabonais, qui rivalisaient d'adresse et de rectitude, chaque fois, qu'ils passaient devant la tribune présidentielle.

Déçu que cette fête fut belle, le « président élu » vient, à nouveau, de sortir du bois, en invitant, une fois de plus, les Gabonais à renverser la table du gouvernement. C'est cette attitude que les autorités françaises ont déconseillée au « président élu » à qui il a été, vivement, demandé de se rapprocher du locataire du Palais du Bord de Mer, pour travailler ensemble, pour l'intérêt du Gabon. Visiblement, il ne l'entend pas de cette oreille. Cela dit, le chien aboie la caravane passe : Franck Emmanuel Issoze Ngonde est en train de réfléchir à la composition d'une équipe gouvernementale élargie à l'opposition. Ce futur gouvernement comptera des ministres qui avaient soutenu la candidature de Jean Ping à l'élection présidentielle d'août 2016. Le « président élu » s'en trouvera, encore, plus marginalisé d'autant plus qu'il est, aujourd'hui, presque seul, à soutenir le boycott des élections législatives d'avril 2018 alors que Zacharie Myboto, Guy Nzouba Ndama, Casimir Oyé Mba, voire, même Jean François Ntoutoume Emane et Jacques Adiahénot, veulent, eux, envoyer des députés à l'Assemblée nationale, lieu par excellence où on fait de la politique.

Les plus populaires