GABON : Bongo Ondimba Ali se fait investir mardi 27 septembre par sa belle-mère

Course contre la montre au Palais du Bord de Mer. C'est comme si Bongo Ondimba Ali (BOA) redoutait quelque chose. De quoi a-t-il peur ? La façon dont il précipite son investiture, quatre jours, seulement, après le verdict (très contesté et très contestable) de la Cour constitutionnelle présidée par sa belle-mère, Marie-Madeleine Mborantsuo, montre une certaine panique chez les émergents du Palais du Bord de Mer. Et si ce n'était qu'un début ?

Pour prendre zéro risque, une balle perdue ou quelque chose de ce genre, BOA va tout organiser dans son Palais. Ce ne sera donc tout sauf une fête populaire. Bizarre bizarre bizarre ! Un président nouvellement réélu qui commence, déjà, à raser les murs ! Qui l'eût cru dans la patrie du patriarche Ondimba ? Voilà où son fils conduit son beau pays laissé dans la paix et la stabilité.

Rappel : La Cour constitutionnelle (aux ordres) a validé son élection, en rejetant la requête de son rival, Jean Ping, qui a, immédiatement, dénoncé un "déni de droit".

Selon le décompte de la belle-mère de BOA, le président-sortant (sur notre photo lors de son investiture en octobre 2009) a été élu avec 172.990 voix (50,66%) devant Jean Ping (161.287 voix, 47,24%).

Mborantsuo, comme on dit au Gabon, est née avant la honte. La preuve, elle va encore regarder, demain, lors de l'investiture de son beau-fils, les Gabonais dans les yeux. Comme si de rien n'était. Sans gêne.

De son côté, Jean Ping devait recevoir, à son domicile, le corps diplomatique, ce lundi, à 17h00 (16h00 GMT), selon son équipe de campagne, qui a convié la presse à cette rencontre.

Jean Ping a lancé, samedi, un appel à la communauté internationale afin qu'elle prenne la situation du Gabon, en main, lui, Ping, ayant fait, ce qu'elle lui avait demandé de faire, sans succès, c'est-à-dire, en recourant auprès de la Cour constitutionnelle. C'est à la communauté internationale maintenant de jouer sa partition.

Dans une interview parue sur afriqueeducation.com, hier, la conseillère spéciale de Jean Ping, Mengue M'Eyaa a, aussi, invité la communauté internationale à jouer la facilitation en vue du départ de BOA du pouvoir. C'est donc clair que le camp Ping entend prendre son pouvoir, selon le vœu du peuple gabonais. Car il est le vainqueur de l'élection.

La même communauté internationale, de son côté, a accueilli, froidement, (c'est le moins qu'on puisse dire) la réélection de BOA. Les observateurs électoraux de l'UE ont, par ailleurs, sévèrement, critiqué, dimanche, 25 septembre, les travaux de la Cour, qui n'a pas rectifié, selon eux, les "évidentes anomalies" qu'ils ont constatées lors du scrutin à tour unique du 27 août.

Pour sa part, "La France constate que l'examen des recours n'a pas permis de lever tous les doutes", a tranché le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

L'Union africaine (UA) et le Maroc ont "pris acte" de la décision de la Cour. Les Nations-Unies et les Etats-Unis ont, quant à eux, "pris note".

Seul le président sénégalais, Macky Sall, a, félicité son homologue gabonais, ce qui a fait sortir le camp Ping de ses gongs en le critiquant, très sévèrement, d'oeuvrer pour que le Gabon ne devienne jamais un pays démocratique comme le Sénégal. Macky Sall a dû se mordre les doigts d'être allé si vite en besogne.

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