GABON : Jean Ping demande l'intervention de François Hollande

Le (petit) putschiste de Libreville, Bongo Ondimba Ali (BOA), joue, clairement, la montre. Il se dit qu'à un moment donné, les populations fatiguées de cette situation, reprendraient, d'elles-mêmes, leurs activités sans crier gare. BOA, qui refuse, le ré-comptage des voix dans le Haut-Ogooué, pour empêcher Jean Ping de le battre à la régulière, multiplie des manœuvres (diplomatiques) dont il est le seul et unique bénéficiaire.

C'est ainsi que le nom du président sénégalais, Macky Sall (notre photo avec le putschiste de Libreville), a été sorti du chapeau pour mener une facilitation entre les deux camps. Mais vite présenté, et vite accepté par le camp de BOA, le camp de Jean Ping, lui, ne semble pas très enthousiaste par cette idée. A cette prudence des Pinguistes, une analyse toute simple : Macky Sall avait été réfuté par l'opposition du Burkina Faso lors du coup d'état de Gilbert Diendéré, en 2015, parce qu'il était (justement) suspecté de rouler (quelque part) pour Blaise Compaoré. Alors qu'il était le président en exercice de la CEDEAO, Macky Sall, vu cette défiance pour sa personne, avait préféré, finalement, prendre du recul, laissant d'autres continuer cette médiation sans lui.

Mais, il y a un deuxième argument (de choc) qui pousserait les amis de Jean Ping à récuser le président sénégalais : il a attribué un passeport diplomatique à son compatriote, Seydou Kane, milliardaire installé au Gabon dont il a aussi le passeport, et qui se trouve être un éminent membre de la fameuse Légion étrangère tant décriée au Gabon, et dont les soucis avec la justice française, ne sont un secret pour aucun Gabonais. Il est mis, en effet, en examen, en France. Pour la petite histoire, Seydou Kane avait aidé Macky Sall à financer sa campagne en 2012 alors que peu de gens croyaient en lui. Ayant misé sur la bonne personne devenue président de la République, Seydou Kane n'eut aucune difficulté à introduire, à son tour, à la rue Roume (Palais de la présidence du Sénégal), le « véritable président du Gabon », le Béninois, Maixent Accrombessi, qui aurait, massivement, investi au Sénégal. L'épouse de ce dernier est une Sénégalaise bon teint qui vit entre les Etats-Unis (où Accrombessi a acheté une propriété de plus de cinquante millions de dollars), la France où le couple a lancé une chaîne de télévision de plusieurs dizaines de millions de dollars, et le Sénégal où ils disposent aussi de quelques grosses « broutilles ». Macky Sall étant, certainement, un homme d'Etat de (très) bonne volonté, qui symbolise la nouvelle Afrique, Jean Ping peut-il l'accepter comme facilitateur ? Que non !

Resterait l'hypothèse d'un groupe de chefs d'Etat, qui seraient désignés par l'Union africaine (UA) pour assurer, ensemble, une médiation ou une facilitation, au Gabon. Cette idée qui fait son chemin avantagerait, plutôt, BOA, qui fait partie de leur grande famille, d'autant plus que la personne chargée de les choisir, n'est autre que le président tchadien, Idriss Déby Itno, dont les mercenaires venus épauler la garde présidentielle de BOA, seraient, toujours, présents à Libreville. Déby dans le dossier Gabon est juge et partie. Et donc pas du tout crédible.

Que reste-t-il d'autre à faire ? Personne n'en sait rien devant le blocage de la situation. La communauté internationale (Conseil de sécurité, Union européenne, Américains, Français, etc.) dit que la chose la plus simple à faire, c'est le ré-comptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, dans les 400 bureaux de vote du Haut-Ogooué, qui totalisent près de 72.000 électeurs. Soit 4 heures de boulot. Pas plus. BOA refuse net. Car il sait que Ping le battrait à plate couture, à la régulière. On en reste là pour le moment, en attendant peut-être que l'armée mette tout le monde d'accord. Ce n'est pas exclu.

Jean Ping, cependant, persiste et signe : le président français, François Hollande, peut et doit intervenir, sinon, il serait, bientôt, accusé de « non assistance à peuple (gabonais) en danger ». Selon le camp Ping, il y aurait, déjà eu, au bas mot, « vingt-cinq morts » depuis mercredi, 31 août, date de la proclamation des résultats « provisoires ».

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